France Loisirs

LABORIT Emmanuelle – Le cri de la mouette

Réf: bab-flelcm
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Description
Avis

Extrait

1/   Dans la journée, j’appelle très souvent ma mère pour qu’on communique. Je veux savoir ce qui se prépare. Je veux toujours être au courant, c’est un besoin. Elle est la seule à me comprendre, vraiment, avec ce langage inventé depuis le début, ce langage « ombilical », animal, ce code particulier, instinctif, fait de mimique et de gestuelle. J’ai tant de choses embrouillées dans la tête, tant de questions  que j’ai besoin d’elle tout le temps. Ce cauchemar où elle ne répond pas, ne tourne pas la tête pour me regarder, c’était mon angoisse profonde de cet âge-là.

   Pour les enfants qui apprennent très tôt le langage des signes, ou qui ont des parents sourds, c’est différent. Eux, ils font des progrès remarquables. Je suis stupéfaite du développement qu’ils ont. Moi, j’étais nettement en retard. Je n’ai appris cette langue qu’à sept ans. Avant, j’étais sûrement un peu comme une « débile », une sauvage.

   C’est fou. Comment ça se passait avant ? Je n’avais pas de langue. Comment j’ai pu me construire ? Comment j’ai compris ? Comment je faisais pour appeler les gens ? Comment je faisais pour demander quelque chose ? Je me vois mimer souvent.

 

2/   A la naissance de ma petite sœur, j’ai demandé son prénom. Marie.

   Marie. Marie, j’ai du mal à le mémoriser. J’ai décidé de l’écrire sur un papier, plusieurs fois, comme on fait des lignes à l’école. Souvent, je reviens voir ma mère pour lui redemander le nom de ma petite sœur, pour être sûre… Et je le répète : Ma-rie, Ma-rie, Ma-rie…

   Je suis moi, Emmanuelle : elle est elle, Marie.

   Marie, Marie, Marie…

   « Elle s’appelle comment déjà ? »

   Je l’ai écrit plus de cent fois, lettre après lettre, pour bien me souvenir visuellement. Mais le prononcer est encore trop difficile pour moi. Je peine à oraliser son nom.

   Mon père m’emmène à l’hôpital voir la petite sœur. J’ai horreur de l’hôpital. J’ai vu maman faire des prises de sang quand elle était enceinte, j’ai eu tellement peur que je me suis cachée sous le lit. Encore maintenant j’ai du mal à supporter la vue du sang. Et j’ai horreur des piqûres. Hôpital égale piqûre et sang… Hôpital égale lieu de menaces.

 

3/   Résumé

   Sourde profonde, Emmanuelle, enfant, pousse des cris stridents que ses parents comparent à ceux d’une mouette. A sept ans, elle découvre la langue des signes. Le monde s’ouvre enfin. Elle devient une petite fille rieuse et bavarde.

   A l’adolescence, pourtant tout bascule. Aux désarrois de son âge s’ajoute la révolte de voir nier l’identité des sourds. Emmanuelle ne peut plus concilier l’univers des entendant et le sien. Elle se referme, dérive, se perd dans des expériences chaotiques. Mais lucide et volontaire, elle réagit et choisit de se battre : elle réussit à passer son bac, lutte pour faire reconnaître les droits des sourds français et va s’imposer magistralement comme comédienne.

 

Descriptif

Editions France Loisirs année 1995 ISBN 2724284542, Bon Etat général, Jaquette, couverture rigide, tranche et dos légèrement passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion relié grand format de 13,8x20,8 cm, 212 pages



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