Le Grand Livre du mois

LABRO Philippe – Le petit garçon

Réf: rf-lglm
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Description
Avis

Extrait

1/   Nous n’appelions pas la maison où nous vivions une maison, mais la Villa. Sans doute parce qu’elle n’avait rien de semblable aux rares autres habitations du Haut-Soleil, qui n’était pas un quartier, mais plutôt un grand espace boisé recouvrant le coteau principal qui dominait la petite ville – une ville dite de basse plaine. J’imagine qu’aujourd’hui c’est devenu un vrai quartier avec des rues, des carrefours, des feux de circulation, une organisation et sans doute du béton, des lampadaires au néon et quelques autres horreurs urbaines.

   Il n’existait pour s’y rendre, à l’époque qu’une seule route mal goudronnée qui serpentait à travers des arbres, des parcs naturels, des jardins en friche, de la vigne sauvage et des massifs de ronces qui étaient autant de réserve de succulentes mûres – on les cueillait à même les épines et il vous en restait une couleur violette et noire au bout des doigts et un goût exquis dans la bouche – avec, de-ci de-là, quelques bâtiments plutôt laids, du style de la maison du docteur Sucre, construits de briques cuites et moulées dans cette terre qu’on prélevait dans le sol argilo-graveleux rubéfié des terrasses surplombant la ville.

 

2/   Là-haut, les jumeaux avaient inventé un nouveau jeu. Il ne dura pas longtemps, mais il fut l’occasion de comprendre que des changements avaient eu lieu dans la vie de la Villa. Nous ne les avions pas sentis venir, mais voilà que, brusquement, se levait un autre rideau de notre ignorance.

   D’une expédition sur les bords du Tescou, la rivière qui coulait au bas des coteaux sur lesquels trônait la Villa. Pierre et Michel avaient rapporté des roseaux longs et solides, dans lesquels ils avaient taillé des sarbacanes. Ils ne révélèrent pas tout de suite l’existence de ces accessoires, qu’ils dissimulaient dans l’une de leurs multiples cachettes. Les jumeaux, malicieux, industrieux, imaginatifs, savaient exploiter les ressources de toutes les aires en friche du jardin géant qui entourait la Villa. Ils construisaient des cabanes dans les cerisiers ; ils posaient des lacets sur les flancs de la partie pentue, crayeuse et buissonneuse, où couraient parfois des lapins de garenne : ils s’enfermaient dans le grenier au-dessus de l’étage des filles pour en ressortir déguisés et peinturlurés en Sioux et s’enfoncer dans les sous-bois près du château d’eau, à la recherche de quelque tribu adverse.   

 

Descriptif

Editions Le Grand Livre du mois année 1990 ISBN 2070720713, Assez Bon Etat général, Jaquette, couverture rigide, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion relié grand format de 14,7x21,3 cm, 312 pages



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