Le livre de poche
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LANZMANN Jacques – Le septième ciel

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Description
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Extrait

1/   Max et Simon s’étaient enfermés pour la journée. Il leur fallait faire la part des choses, peser le pour et le contre et dégager toute mythomanie d’une éventuelle décision. Pas facile. Quand l’un doutait, l’autre s’arrangeait pour relancer. Exactement comme au poker. En début d’après-midi, ils en étaient à peu près au même point, c’est-à-dire assez enthousiastes à l’idée de se payer une virée dont ils ne mesuraient pas encore l’importance. Simon était aussi acharné que Max. Foutre le camp ne pouvait lui faire que du bien. Pendant ce temps, il laisserait carte blanche au liquidateur de sa société de production. Pour le reste, les huissiers et sa secrétaire se démerderaient. Quant à Karine, plus elle le saurait loin, plus elle se rapprocherait. Un peu de mystère et d’aventure, rien de tel pour attirer les gonzesses. Et puis, nul n’est à la merci d’un aléa, encore moins d’un aller qui risquait d’être sans retour. Ça lui plaisait à Simon de partir en pénitence tout en effectuant enfin, un de ces voyages de repérages qui lui avaient jusqu’alors coûté si cher.

   Promoteur de leur futur destin, imbu de sa personne, Max se voyait même arpenter les déserts sans aucune préparation. L’idée qu’ils fussent condamnés à la réussite lui plaisait. Ça n’était pas le moment de mégoter en s’entraînant sur un quelconque chemin de randonnée. On n’honore pas un ciel biblique en foulant les feuilles mortes de la forêt de Rambouillet.

   Vers las quinze heures, ils étaient sortis s’aérer, allant assez fébrilement et, d’un pas mal assuré jusqu’au siège de l’Institut national de géographie. Il n’y avait pas plus de huit cents mètres, mais, en arrivant à l’angle des Champs-Elysées et de la rue La Boétie, ils accusèrent un certain essoufflement.

 

2/   Il puait, Max. Ils puaient tous de la même odeur rance, relent de clochard, remugle de pisse de chat. Ces exhalaisons, le pire, ne contrariaient pas les amours.

   Cela faisait près de deux semaines qu’ils n’avaient pris de douche s’entretenant aux toilettines de bébé, aux quickies desséchés. Ils se récureraient à Eilat, se referaient une beauté avant d’attaquer le Sinaï. Encore cinq ou six jours de marche.

   La tête, elle était en feu, en colère. Cervelle grillée à la braise des passions, retournée et sautant comme des crêpes à la poêle.

   Paul parti. Max vit rouge. Il se dit qu’il allait planter là les amants. Imparable, son idée. Ou bien ils le laisseraient filer, ne se préoccupant que de leurs niaiseries, leurs minables comédies, leurs simagrées grotesques. Ou bien la reine aurait un sursaut, un reste de responsabilité. Alors, terminés les petits cailloux, les petites fleurs, les petits baisers, les doux regards. Finies les amourettes rétro-bluettes. Il leur faudrait tenir le rythme, suivre son train d’enfer, s’écrouler, le soir venu, épuisés, incapables d’assurer la moindre étreinte.

   Il se régalait déjà du bon tour qu’il allait leur jouer.

 

Descriptif

Editions Le Livre de poche 6195 année 1986 ISBN 2253039004, Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, pages moyennement jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x16,7 cm, 256 pages



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