Robert Laffont

LANZMANN Jacques – Les transsibériennes

Réf: rf-rljlt
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Description
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Extrait

1/   Paris-Moscou par le train. Bravo. Bonne idée. Il y était dans le train et sans elle.

   Véronique chez la grand-mère, billets et passeports dans la poche. Valises bouclées, tout s’annonce normalement bien. On se met au lit, on part demain. Cela fait trois semaines qu’il ne l’a pas touchée, trois semaines qu’il attend qu’elle se décide. Il se dit que c’est pour ce soir. Juste un petit galop d’essai avant le départ, quoi !

   Blotti dans les draps, il guette, il espère. Désillusion. Elle se tourne de l’autre côté en lui abandonnant juste un pied glacé, un seul petit pied. Avec les siens, il lui crochète l’autre et ramène à présent ses deux pieds froids entre ses mollets à lui. Attente, immobilité, déception. Rien. Il n’y tient plus, se redresse, allume et gueule :

   - Y en a marre ! J’ai compté ; ça fait vingt-deux jours que je suis à jeun. T’es frigide ou quoi ?

   - Je croyais qu’on s’était expliqué.

   - Expliqué quoi ?

   - Tout.

   Et c’est reparti ! Autre nuit blanche, autres blessures.

   Matin d’hiver, regards froids, gestes désordonnés, paroles définitives.

   - Je ne pars plus.

   - Comme tu voudras.

 

2/   David sursaute. Il a entendu un cri, des gémissements. La plainte vient de loin, du fond de la mémoire sans doute. Laurence ! Oui, sûrement Laurence. Quelqu’un se serait-il introduit chez elle ? Il saute en bas de sa couchette. Faux mouvement, l’échelle qui tombe sur le cercueil, un ramdam du tonnerre. Le mort va-t-il se retourner ? Vite, une robe de chambre.

   Le couloir. Personne. Même le samovar est éteint. Prudence et rapidité. Coup discret contre la cloison. Une voix cassée. Elle est vivante :

   - Qu’est-ce que c’est ?

   Il souffle :

   - C’est moi, David.

   - Un moment.

   Il attend. Le battant du compartiment voisin qui s’écarte. La tête du diplomate qui apparaît et qui disparaît dans le même mouvement.

   Bruit du loquet. La poignée qui bouge. La porte qui s’ouvre. La lumière bleue de la veilleuse.

   Il entre. Elle a les cheveux emmêlés, les traits enflés, comme si elle avait dormi ou pleuré longtemps.

   Il chuchote :

   - Je vous ai entendue crier. J’ai eu peur.

   Elle marque la surprise :

   - Merci d’être venu mais ça n’était pas la peine.

   - Un cauchemar ?

   - Non.

   - Alors une douleur ?

   Elle réfléchit. Elle joue avec ses cheveux qu’elle ramène sous le nez comme une moustache.   – Une douleur, oui… Si on veut.

 

3/   Résumé

   On ne prend pas impunément le transsibérien, même pour un second voyage de noces…

   Il y a dix ans que David et Louise sont mariés, dix ans qu’ils ont fait leur premier voyage de noces sur l’Amazone. Et ils ont décidé, pour se retrouver, de faire le point en tête à tête au cours d’un nouveau long trajet : il faut onze jours au transsibérien pour atteindre le Pacifique.

   Projet raisonnable, si un couple pouvait jamais être raisonnable, si David n’était pas un forcené de l’amour, si le transsibérien ne transportait que de placides fonctionnaires soviétiques, si un cercueil n’était pas du voyage, si…, si…

   Avec ces si-là, et quelques autres, Jacques Lanzmann a réussi l’impossible : dans un wagon du transsibérien, i ;l a mis toute la comédie amoureuse d’aujourd’hui, et bien plus, avec cette manière tendre et drôle qu’il a de regarder les êtres et les choses et de nous les conter en riant – en riant jaune quelques fois.

   Oui, avec l’auteur du Têtard, on ne prend pas impunément le transsibérien…

 

Descriptif

Editions Robert Laffont année 1978 ISBN 2221000676, Assez Bon Etat général, Jaquette, couverture rigide, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion relié grand format de 14,5x22 cm, 252 pages



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