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MURAKAMI Ryû – Les bébés de la consigne automatique

Réf: re-pprmbca
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Description
Avis

Traduit du japonais par Corinne ATLAN

Extrait

1/   La vieille mendiante venait de traverser le terrain de sport. Elle logeait dans une des maisons abandonnées de la mine, survivait en dérobant quelques pommes de terre dans les champs, ou du poisson que les pêcheurs mettaient à sécher sur des claies, mendiant çà et là un peu de riz. C’était une habitante de l’île de longue date. Sans enfants, elle avait perdu son mari dans un accident de la mine, avant la fermeture. Elle s’était enfuie de l’asile où elle avait échoué pour revenir sur l’île qu’elle ne voulait plus quitter. Tout le monde tolérait sa présence, la sachant inoffensive, et attendait qu’elle finisse ses jours sur cette île.

   Mais le cœur de Hashi se serrait chaque fois qu’il apercevait la vieille. Il en parlait souvent à Kiku : Chaque fois que je vois une mendiante ou une vagabonde, ça me fait un coup au cœur, je me demande si ce n’est pas la femme qui m’a mise eu monde. Quand je vois cette petite vieille malpropre, toujours seule, qui mendie des restes de riz, et son regard servile, ça m’est insupportable. Je me dis, c’est sûr que ma maman doit être malheureuse comme ça puisqu’elle m’a abandonné, hein, elle ne peut pas être heureuse avec un crime pareil sur la conscience, et quand je vois une vieille comme ça, en même temps, j’ai envie de la serrer dans mes bras et de l’appeler maman, mais peut-être aussi que si c’était vraiment ma mère, je la tuerais.

 

2/   - C’est peut-être à cause de la lumière des projecteurs, marmonnait Anémone en examinant une fois de plus ses photos au Polaroïd : il n’y avait rien dessus. Depuis la fameuse nuit, elle avait rêvé plusieurs fois de Kiku mais au réveil, elle ne se rappelait plus ses traits. Son front et ses cheveux étaient nets, mais son nez, ses yeux restaient flous et se confondaient avec ceux des gens célèbres qu’elle avait vus à la télé ou dans les journaux, ou encore avec des visages de gens qu’elle connaissait mais dont elle se fichait comme d’une guigne. Quelque part au fond de sa tête elle se souvenait de son visage dans les moindres détails, simplement elle n’arrivait pas à rassembler cela en une image cohérente. Mais pourquoi était-elle obsédée par ce type ? se demandait-elle. Dans ses rêves, il était toujours en train de sauter. Non, pas à l’horizontale mains écartées comme superman mais d’un bond léger sur cette drôle de perche flexible qui l’emmenait plus haut que les immeubles. Le visage de Kiku imprimé au fond de sa mémoire susurrait quelque chose, comme quand ils s’étaient cachés dans les fourrés pour échapper aux projecteurs des gardes, seulement c’étaient des phrases prétentieuses, du style : Quand je vole ainsi dans le ciel et que je vous vois en bas, j’ai l’impression d’être un papillon survolant les marais de l’Amazonie. Chaque fois qu’elle rêvait de Kiku, elle se réveillait d’excellente humeur.

 

3/   Résumé

   Hashi et Kiku, deux bébés abandonnés dans une consigne de gare, passent leur petite enfance dans un orphelinat. La recherche de leur identité les entraînera dans les bas-fonds de Tokyo, où Hashi se prostitue avant de devenir un chanteur de rock adulé, tandis que Kiku, champion de saut à la perche, se retrouve en prison pour parricide.

   Le roman suit en parallèle les destins des deux frères, décrivant le mécanisme qui les pousse à revivre sans cesse le traumatisme de leur enfance, racontant comment ces enfants purs et attachants passent du statut de victimes à celui de bourreaux.

   Dans un style déroutant mêlant l’horreur au comique, la poésie à des image de bande dessinée, avec une imagination foisonnante évoquant les romans de Gabriel Garcia Marquez, Murakami nous offre une vision de cauchemar du Japon de cette fin de siècle, et un reflet à peine déformé de notre monde moderne qui abandonne ses Enfants tristes. Mais les héros de Murakami, descendant de Nimier, Salinger ou Fitzgerald, ne se suicident plus, ils assassinent.

 

Descriptif

Editions Picquier Poche année 1998 ISBN 9782877303842, Assez Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,2 cm, 528 pages



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