NABOKOV Vladimir – Rire dans la nuit

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Description
Avis

Titre original « Kamera obskura » Vladimir Nabokov, 1932.

Traduit de la version anglaise âr Christine BOUVART

Avant-propos de Laure TROUBETZKOY et Gilles BARBEDETTE

Extrait

1/   Albinus n’avait jamais eu beaucoup de chance en amour. Malgré un physique agréable, du genre réservé et bien élevé, il ne parvenait pas vraiment à tirer de bénéfice pratique de l’attrait qu’il exerçait sur les femmes – car il y avait incontestablement quelque chose de très attirant dans son séduisant sourire et la douceur de ses yeux bleus, un peu exorbités lorsqu’il se concentrait (et comme son esprit n’était pas très vif, ceci se produisait plus souvent que prévu). C’était un beau parleur, avec tout juste ce léger brin d’hésitation dans l’expression, le meilleur côté du bégaiement, qui pare d’un charme nouveau la phrase la plus éculée. Enfin, chose non négligeable (car il vivait dans une Allemagne de petits bourgeois), son père lui avait laissé une fortune en investissements sûrs ; pourtant avec lui, les idylles retombaient toujours à plat.

 

2/   Entre-temps Margot avait loué l’appartement et s’était occupée d’acheter un certain nombre d’articles ménagers, en commençant par un réfrigérateur. Bien qu’Albinus payât sans rechigner, et même avec une agréable tendresse, il donnait l’argent les yeux fermés, car non seulement il n’avait pas vu l’appartement, mais il n’en connaissait même pas l’adresse. Elle lui avait dit que ce serait tellement amusant qu’il ne voie pas son intérieur avant que tout soit installé.

   Une semaine s’acoula. Il pensa qu’elle téléphonerait le samedi. Il monta la garde toute la journée à côté du téléphone. Mais l’appareil brillait et restait muet. Le lundi il se résolut à admettre qu’il s’était fait avoir et qu’elle avait disparu à jamais. Le soir Paul vint. Ces visites étaient pour tous deux un véritable supplice désormais. Chose encore pire : Elisabeth n’était pas à la maison. Paul s’assit dans le bureau en face d’Albinus, il fumait et regardait l’extrémité de son cigare. Il avait même un peu maigri ces derniers temps. « Il sait tout, pensa Albinus, abattu. Bon, et alors qu’est-ce que ça change ? C’est un homme ; il devrait comprendre. »

 

3/   Résumé

   Voici un romand e Vladimir Nabokov inédit en français. Mécontent de la traduction anglaise de Chambre obscure qui était la version initiale de Rire dans la nuit, Vladimir Nabokov, exilé aux Etats-Unis, décida en 1937 de se traduire lui-même. Ce défi linguistique donna une œuvre nouvelle et transformée, à La précision absolue, évidente comme axiome au pessimisme froid : » Il était une fois à Berlin, en Allemagne, un homme qui s’appelait Albinus. Il était riche, respectable et heureux. Un jour il abandonna sa femme pour une jeune maîtresse, il aimait ; n’était pas aimé ; et sa vie s’acheva en catastrophe. »

   Sous l’apparence d’un mélodrame berlinois, d’une comédie de mœurs, à trois, où l’on trompe et où l’on est trompé, Nabokov fait jouer la mécanique implacable de sa démonstration. L’amour est-il aveugle ? Oui, répond le démiurge Nabokov. La variation de l’adultère devient alors une cruelle parodie où Gogol et Tolstoï passent comme des ombres. Le roman s’élargit en une fable intemporelle, les couleurs de la vie se fanent et se fondent bientôt dans une nuit noire sans lune. Pourtant, dans l’obscurité quelqu’un rit.

 

Descriptif

Editions Grasset année 1992 ISBN2246151031, Etat général Moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché grand format de 12,8x21,7 cm, 254 pages



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