Babel

OLMI Véronique – Bord de mer

Réf: rf-bvobm
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Description
Avis

Extraits

1/   Le lendemain c’était vraiment pas de chance, il pleuvait encore. A part la lumière si faible du matin, c’était difficile dans cette ville de ne pas confondre la nuit et le jour. La lumière avait pas beaucoup de place, rien était prévu pour elle, ça se sentait tout de suite. Quand je me suis réveillée je sais pas quelle heure il était mais les mômes étaient déjà debout, ils étaient tous les deux devant la fenêtre et ils faisaient un concours de gouttes de pluie : chacun en choisit une en haut du carreau et la première arrivée en bas a gagné.

   Je me suis demandé ce qu’ils voyaient par la fenêtre, ce que la pluie cachait.

   Maman ! a crié Kévin quand il a vu que j’étais réveillée, et ça c’est merveilleux ! La façon dont un môme vous dit bonjour le matin, comme si vous étiez la surprise du jour, la bonne nouvelle qu’il attendait plus. Kévin, le matin, on dirait toujours que je lui ai manqué, je me demande où ses nuits l’emmènent pour qu’il ait l’impression de revenir de si loin. Quand il y a école Stan lui interdit de rentrer dans ma chambre je le sais bien, mais le dimanche souvent quand ils ont fini de regarder les dessins animés il se gêne pas, ah ça non, il saute sur mon lit et il me réclame un bisou péteur, c’est un bisou sur le ventre qui fait beaucoup de bruit, et ça le fait rire c’est incroyable ; on dirait qu’il rit de s’entendre rire, qu’il profite de ce rire, qu’il s’amuse avec et je sais bien que ce rire-là il vous lâche dès que vous grandissez.

 

2/   Le patron est retourné à son comptoir, voûté, lourd, c’était la fin du jeu. Les types étaient drôlement déçus, ça se voyait, drôlement couillons que ce soit déjà fini, qu’il y ait rien d’autre à tirer de nous, et en hochant leurs têtes de petites mégères écœurées ils ont suivi le patron et repris leurs place au comptoir, ils rentraient à la niche. Un des types a demandé encore Y a pas école aujourd’hui ? et les autres tout autour se sont mis à ricaner, pourquoi est-ce qu’ils nous détestaient à ce point-là, j’ai pas compris.

   Stan a raflé les pièces et on a enfilé nos blousons, ils étaient trempés et quand j’ai mis le mien mon corps tout entier s’est mis à frissonner, je me suis crispée pour lutter contre le froid mouillé, j’avais mal partout. Kevin a pris encore la main de son frère, comme sur la plage, comme si c’était à lui de le ramener à chaque fois, l’aîné lui avait appris ça : prendre soin de quelqu’un.

 

3/   Résumé

   Elle vit seule avec ses deux petits garçons et pour la première fois les emmène en vacances. Cette escapade doit être une fête, elle le veut, elle le dit, elle essaie de le dire.

   Ensemble ils vont donc prendre le car, en pleine nuit, sous la pluie. Les enfants sont inquiets : partir en période scolaire, partir en pleine semaine, partir en hiver à la mer les dérange. Mais demain tout ira bien, demain ils seront heureux. Demain il fera beau et ils verront la mer.

   Ans une langue âpre, empreinte de poésie de tendresse et de révolte, Véronique Olmi compose une histoire simple et bouleversante. Car ce roman est un véritable cri – dérangeant, terrifiant, déchirant.

 

Descriptif

Editions Babel année 2003 ISBN 2742742190, Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 144 pages



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