Fayard

PARADIS Annie – Anna Maria

Réf: rf-fapam
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Description
Avis

Extraits

1/   Elle s’était réveillée en sursaut, en sueur ; la chemise collait à son corps comme si elle eût marché dans cette tenue légère, pieds nus, sous la pluie, un morceau de la nuit. Elle essaya de se souvenir ; malgré tous ses efforts, elle n’arrivait pas retrouver ne fût-ce qu’un fragment de ce quelque chose qui avait traversé sa nuit, et cette impuissance l’agaçait, la tourmentait presque ; elle trouvait injuste d’être écartée de cet événement nocturne qui l’avait concernée et lui demeurait insaisissable. Elle fit une tentative pour se rendormir ; d’ailleurs le jour ne se levait qu’à huit heures, il faisait encore noir. Wolfgang dormait. Elle entendait sa respiration régulière, rassurante. Elle remua son pied au fond du lit, ne ressentit aucune douleur. Son mage l’avait guérie, diggi, daggi, pfff… d’un souffle… Et il allait partir, la quitter, emporter avec lui le souffle magique, guérisseur. Cette fille… Aloysia.

 

2/   Elle a peur. Il est arrivé quelque chose. Une mauvaise rencontre au coin d’une ruelle, dans cette ville où il faut marcher, marcher sans cesse ; le fiacre est un luxe ; on ne saurait en abuser. Il marche sous la pluie. Aura-t-il seulement pensé à acheter une torche ? Il est trempé. Demain il grelottera au fond de son lit, il toussera à fendre l’âme. Je connais bien, trop bien, tout cela. Il faudra apprivoiser la fièvre, la toux qui brise le corps – où trouver, ici, des graines de pavot ?, traiter la maladie avec une haineuse douceur, la regarder sans crainte comme on regarde droit dans les yeux un chien qui veut mordre, l’affaiblir, gagner, pouce par pouce, du terrain sur elle. Léopold et moi récitons par cœur depuis vingt-deux ans, la même litanie : poudre noire, poudre du margrave, thé de tussilage, de fleurs de sureau, d’oranger, eau de réglisse, d’orge, quelques graines de pavot. Mais seule je sais les gestes. La main sur le front brûlant. Repousser les cheveux humides de sueur. Changer la chemise mouillée. Prier. Et fredonner pour endormir la plainte, soutenir de son souffle défaillant. Au chevet des enfants, les mères fredonnent et prient. Que savent-elles faire d’autre ? Que peuvent-elles faire d’autre ?

 

3/   Résumé

   Anna Maria raconte une histoire, joyeuse et grave, de mère et d’enfant. Une histoire ancrée dans la réalité d’une autre époque, et pourtant intemporelle, tour à tour duo et duel : une voix de soprano – la mère -, un peu lasse, douloureuse, mais gaie, questionne, gronde, console, pardonne, se tait. Une voix de ténor – le fils -, espiègle, fragile encore, répond, proteste, séduit, s’emballe, tue un peu au passage, s’en excuse et s’en va ; seule, plus assurée, plus mûre.

   Il s’appelle Wolfgang Amadeus.

   Elle s’appelle Anna Maria.

   Anna Maria Mozart.

   Deux êtres, complices souvent, avec une même manière d’être libres, de fronder la loi du père, de la société, tout en s’y soumettant, bien obligés. Léopold décide que Wolfgang doit aller à Paris : il y va, bien qu’il rêve d’Italie. Léopold décide qu’Anna Maria doit accompagner son fils : elle quitte Salzbourg à regret ; elle ne connaît que quelques mots de français. A Paris, elle passe le printemps et l’été à compter l’argent, les mailles, les jours ; à écrire, en attendant le fils toujours parti, absorbé par sa musique, ce fils grisé par l’absence du père… et aussi par un premier grand amour.

 

Descriptif

Editions Fayard de 2003 ISBN 221361766X, Assez Bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché grand format de 13,8x21,7 cm, 288 pages



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