Nathan

QUINEL Ch. MONTGON A. de – Monsieur de Lauzun et la Grande Mademoiselle

Réf: rc-fnqmmlgm
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Extrait

1/  Néron avait pris le galop et Antonin gagnait du terrain sur le cavalier qui le précédait bien qu’il galopât lui aussi. Mais quel Galop ! Il montait un cheval efflanqué vaguement gris, d’une sorte de gris sale, et son allure était saccadée et irrégulière. Le domestique, plus mal partagé encore que son maître, suivait en trottant l’amble.

   Le tout formait un bien piteux équipage qui fit rire Puyguilhem, curieux maintenant d’arriver à la hauteur du gentilhomme pour voir quelle figure il pouvait avoir. Il n’en était d’ailleurs plus qu’à une portée de mousquet et il reconnaissait, à sa tournure, que le cavalier était très jeune. Il était tout vêtu de noir ainsi que son valet. Probablement quelque pauvre petit hobereau qui se rendait pour un deuil dans une ville voisine…

   L’orage redoublait de violence. Tout à coup un éclair en zigzag troua les nuées suivi immédiatement d’un effroyable grondement de tonnerre et un des cyprès qui bordaient la route s’alluma comme une grande torche.

   La mauvaise rosse du cavalier en noir fit un écart si violent et si inattendu qu’elle désarçonna son maître puis, prenant le mors aux dents, elle s’emballa.

 

2/   Le capitaine aux gardes lui rendit son salut sans empressement. Il partageait la répulsion d’Anne de Souvré, mais il n’avait pas de raisons de la laisser voir.

   Entre les trois interlocuteurs la conversation languissait, pourtant i Louvois ni Puyguilhem ne voulaient laisser la place. Le malaise grandissait. Ce fut Anne de Souvré qui y mit fin :

   - Il commence, dit-elle, à se faire tard. Je crois que mon père est au jeu du roi. Je le voudrais rejoindre.

   - En ce cas, dit Puyguilhem, permettez-moi de vous conduire auprès de lui.

   - Je vous en saurai gré, répondit la jeune fille.

   Force fut donc à Louvois de s’incliner, mais il fit sans bonne grâce et le regard qu’il jeta à Antonin trahit un profond ressentiment.

   Seule à nouveau avec le capitaine aux gardes, Anne de Souvré se laissa aller à son tempérament confiant et sans artifice.

   - Je ne sais pourquoi, dit-elle. J’ai peur de M. de Louvois, il me semble qu’il me veut du mal. Vous aussi vous devriez vous méfier de lui car il ne paraît pas être de vos amis.

   - Puyguilhem se mit à rire.

   - Que m’importe M. de Louvois ? Je suis assez avant dans la faveur du roi pour ne rien craindre de qui que ce soit.  

 

Descriptif

Editions Fernand Nathan de 1932, Etat général Correct, couverture rigide, tranche et dos marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion relié moyen format de 13,5x18,5 cm, 192 pages



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