Gallimard

SAINT-EXUPERY Antoine de – Vol de nuit

Réf: lrc-gcsadsvdn
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Description
Avis

Collection Soleil Exemplaire numéroté 4341.

Extraits

1/ Préface d’André Gide

   Il s’agissait, pour les compagnies de navigation aérienne, de lutter de vitesse avec les autres moyens de transport. C’est ce qu’expliquera, dans ce livre, Rivière, admirable figure de chef : « C’est pour nous une question de vie ou de mort, puisque nous perdons, chaque nuit, l’avance gagnée, pendant le jour, sur les chemins de fer et les navires. » Ce service nocturne, fort critiqué d’abord, admis désormais, et devenu pratique après le risque des premières expériences, était encore, au moment de ce récit, fort hasardeux, à l’impalpable péril des routes aériennes semées de surprises, s’ajoute donc ici le perfide mystère de la nuit. Si grand que demeurent encore les risques, je me hâte de dire qu’ils vont diminuant de jour en jour, chaque nouveau voyage facilitant et assurant un peu mieux le suivant. Mais il y a pour l’aviation, comme pour l’exploration des terres inconnues, une première période héroïque, et Vol de Nuit, qui nous peint la tragique aventure d’un de ces pionniers de l’air, prend tout naturellement un ton d’épopée.

   J’aime le premier livre de Saint-Exupéry, mais celui-ci bien davantage. Dans Courrier Sud, aux souvenirs de l’aviateur, notés avec une précision saisissante, se mêlai une intrigue sentimentale qui rapprochait de nous le héros. Si susceptible de tendresse, ah ! que nous le sentions humain, vulnérable. Le héros de Vol de Nuit, non déshumanisé, certes, s’élève à une vertu surhumaine. Je crois que ce qui me plaît surtout dans ce récit frémissant, c’est sa noblesse. Les faiblesses, les abandons, les déchéances de l’homme, nous les connaissons de reste et la littérature de nos jours n’est que trop habile à les dénoncer ; mais ce surpassement de soi qu’obtient la volonté tendue, c’est là ce que nous avons surtout besoin qu’on nous montre.

 

2/   Pellerin expliqua d’abord sa retraite coupée. Il s’excusait presque : » Aussi, je n’ai pas eu le choix. » Ensuite il n’avait plus rien vu : la neige l’aveuglait. Mais de violents courants l’avaient sauvé, en le soulevant à sept mille. « J’ai dû être maintenu au ras des crêtes pendant toute la traversée. » Il parla aussi du gyroscope dont il faudrait changer de place la prise d’air : la neige l’obturait : « ça forme verglas, voyez-vous. » Plus tard d’autres courants avaient culbuté Pellerin et, vers trois mille, il ne comprenait plus comment il n’avait rien heurté encore. C’est qu’il survolait déjà la plaine. « Je m’en suis aperçu tout d’un coup, en débouchant dans du ciel pur. » Il expliqua enfin qu’il avait eu, à cet instant-là, l’impression de sortir d’une caverne.

   - Tempête aussi à Mendoza ?

   - Non. J’ai atterri par ciel pur, sans vent. Mais la tempête me suivait de près.

   Il la décrivit parce que, disait-il, « tout de même c’était étrange ». Le sommet se perdait très haut dans les nuages de neige, mais la base roulait sur la plaine ainsi qu’une lave noire. Une à une, les villes étaient englouties. « Je n’ai jamais vu ça… » Puis il se tut, saisi par quelque souvenir.

   Rivière ses retourna vers l’inspecteur.

   - C’est un cyclone du Pacifique, on nous a prévenus trop tard. Ces cyclones ne dépassent d’ailleurs jamais les Andes.

   On ne pouvait prévoir que celui-là poursuivrait sa marche vers l’Est.

   L’inspecteur, qui n’y connaissait rien, approuva.

 

Descriptif

Editions Gallimard Collection Soleil année 1959, Bon Etat général, couverture rigide, tranche et dos un peu passés, Des messages manuscrits sur la page de garde, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion relié moyen format de 14,2x20,3 cm, 174 pages



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