Fleuve Noir

SAN ANTONIO – Un os dans la noce

Réf: pt-fnsa17
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Description
Avis

Extrait

1/   T’as déjà vu jouer : « Remous dans la fosse septique », toi ? Tu sais ce qu’est un mouvement de foule ?

   Un brouhaha ? Des bruits divers ? Tu te représentes une stupeur collective ? Touille tes cellules grises pour les décoller, Camarade et fais un effort de compréhension.

   Mon « non » produit un effet taureau (car bœuf émasculerait la notion que je tiens à imposer).

   Y’a un brin de silence absolu, rigoureux, extrêmement affreux. Puis des exclamations de disjonction, des vitupérences à fulgurité passionnelle, des étonnations parachevées éclatent un peu partout, comme des pets dans un attelage de diligence.

   Personne ne sait plus où il en est, où j’en suis, si c’est de l’hilare ou du coton, la couleur du cheval quatre d’Henry Blanc.

   Je prends ma chère, belle et tendre Zoé par l’épaule.

   - Aie confiance, mon amour, je t’expliquerai, lui dis-je.

   Elle ne répond rien. Elle a rentré sa very jolie tête dans le col de sa robe denteleuse, comme un scaphandrier qui ôterait sa combinaison de travail.

   Le maire renfrogne éperdument. Il redoute que je me paie sa tronche. Il a des craintes vives pour son standinge.

   Des deux mains en de Gaulle-sur-le-champ-de-foire, il calme la rumeur. L’apaise, la dompte, la neutralise, l’endort, la réduit à rien.

   Puis, dans le silence aussi temporaire que retrouvé, il déclame :

   - Je vous demande pardon, cher monsieur, vous venez bien de me répondre non ?

   Et moi, tu sais ce que j’y rétorque ?

   Je te le donne en mille, mais en trois lettres.

 

2/   Tu sais que c’est sympa tout plein, les Coccinelles ? Le genre de petit hôtel bien tenu, avec une façade blanche, des volets verts, des fenêtres agrémentées de mignons rideaux et une terrasse où poussent des parasols oranges du plus pimpant effet.

   Il était neuf, donc joyeux. Le genre de crèche modeste mais qui inspire confiance.

   Le rez-de-chaussée se divise en deux parties inégales. La plus grande comprend la salle à bouffet et la cuisine. La plus petite est réservée à la réception et au bar.

   Un peu hybride, le bar.

   On l’a conçu pour les pensionnaires, mais il est bondé d’autochtones. On y trouve du plombier à marmotte de fer, du boucher à tablier retroussé, du retraité à marottes, plus quelques spécimens d’artisans dont le perler sent le Paris tout proche, et les chaussures la campagne imminente.

   J’entre par le bar, mets-toi à ma place.

   Tout de suite, je retapisse le taulier. Un patron de bistrot, dans son bistrot, c’est comme un commandant de barlu sur sa dunette : impossible de le confondre avec un prédicateur dominicain ou un chef d’orchestre tzigane.

   Merdanflak est un quadragénaire trapu, blond et bronzé, avec des yeux clairs, très bouffis, et une certaine gravité peu compatible avec son état de commerçant.

   Il fait plutôt assureur-conseil, ou agent général d’une marque de voitures qui se vendent mal. Un tel personnage n’a, apparemment, rien qui convainque une clientèle de bar de venir chez lui.

   Rien, sinon ses serveuses.

   Elles sont deux.

 

Descriptif

Editions Fleuve Noir SA 17 année 1974, Etat général Moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,7 cm, 256 pages



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