Folio

SARTRE Jean-Paul – Le diable et le bon Dieu

Réf: rf-f969
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Description
Avis

Création en 1951 au Théâtre-Antoine, mise en scène de Louis Jouvet, avec Pierre Brasseur, Jean Vilar, R.J. Chauffard et Maria Casarès

Extrait

1/   Deuxième tableau

   Aux abords du camp de Goetz. C’est la nuit. Au fond, la ville. Un officier paraît et regarde la ville. UN autre officier entre immédiatement après lui.

   Scène 1, Les officiers, Hermann

Deuxième officier : Qu’est-ce que tu fais ?

Premier officier : Je regarde la ville : des fois qu’elle s’envolerait un beau jour…

Deuxième officier, au premier : Elle ne s’envolera pas. Nous n’aurons pas cette chance. (Se retournant brusquement.) Qu’est-ce que c’est ?

   Deux hommes passent, portant sur une civière une forme recouverte d’un drap. Ils se taisent. Le premier officier va à la civière, soulève le drap et le laisse tomber.

Premier officier : A la rivière ! Tout de suite !

Deuxième officier : Il est… ?

Premier officier : Noir.

   Un temps. Les deux infirmiers se mettent en marche. Le malade gémit.

Deuxième officier : Attendez.

   Ils s’arrêtent.

Premier officier : Eh bien quoi ?

Deuxième officier : Il est vivant.

Premier officier : Je ne veux pas le savoir. A la rivière !

Deuxième officier, aux infirmiers : Quel régiment ?

L’infirmier : Croix Bleue.

Deuxième officier : Eh ! c’est le mien. Demi-tour !

Premier officier : Tu es fou ! A la rivière !

Deuxième officier : Je ne laisserai pas noyer mes hommes comme une portée de chats.

 

2/   Troisième tableau

Goetz : Eh oui ! Tu n’as pas su trouver mon intérêt ! Voyons : quel est-il ? Cherche ! Cherche donc ! Mais presse-toi : il faut que tu l’aies trouvé avant une heure ; si d’ici là, tu n’as pas découvert les ficelles qui font marcher la marionnette, je te ferai promener à travers les rues et tu verras s’allumer un à un les foyers de l’incendie !

Le banquier : Vous trahissez la confiance de l’Archevêque.

Goetz : Trahir ? Confiance ? Vous êtes tous les mêmes, vous autres, les réalistes : quand vous ne savez plus que dire, c’est le langage des idéalistes que vous empruntez.

Le banquier : Si vous rasez la ville, vous n’aurez pas les terres de Conrad.

Goetz : Gardez-les ! Mon intérêt, banquier, c’était de les avoir et d’y vivre. Mais je ne suis pas si sûr que l’homme agisse par intérêt. Allons, gardez-les et que Son Eminence se les foute au cul. J’ai sacrifié mon frère à l’Archevêque et l’on voudrait que j’épargne vingt mille manants ? J’offre les habitants de Worms aux mânes de Conrad : Ils rôtiront e son honneur. Quant au domaine de Heidenstam, que l’Archevêque s’y retire s’il veut, et qu’il se consacre à l’agriculture ; il en aura besoin, car j’entends le ruiner cette nuit. (Un temps.) Frantz ! (Frantz paraît). Prends ce vieux réaliste, veille à ce qu’on lui rende les honneurs et quand il sera sous sa tente, attache-lui solidement les mains et les pieds. 

 

Descriptif

Editions Folio 969 année 1983 ISBN 2070368696, Etat général Moyen, couverture souple, tranche et dos passés et marqués avec un accroc sur la couverture, pages moyennement jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 10,8x18 cm, 256 pages



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