Le livre de poche

SPAAK Isabelle – Une allure folle

Réf: rf-ldp34543
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Description
Avis

Extrait

1/   Elle a une sourire enjôleur. Capeline panthère, calot de feutre noir sur ses cheveux coupés court. Mathilde s’apprête à descendre la passerelle métallique d’un avion de la KLM. Tildy venant d’Amérique, inscrit au revers du cliché.

   Sur le tarmac, une amie vêtue d’un manteau en drap chocolat fait semblent de l’accueillir au bas du marchepied, comme si ma grand-mère avait eu les privilèges d’un vol transatlantique.

   Autre photo, même angle. Cette fois, c’est l’amie qui apparaît à la porte de l’appareil. Elle serre la main du commandant de l’appareil, sourit.

   Cadrée en gros plan mais le corps coupé en deux dans sa hauteur, Mathilde éclate de rire. Au recto, Luce venant des Indes, le 3 mai 1937.

   Tout cela sent la mise en scène.

   Un type en pardessus camel les a rejointes.

   Chacune à un bras, il se positionne devant la carlingue du Douglas DC2. Le fuselage luit au soleil, les yeux clignent.

   Les deux copines visitent un hangar aéronautique puis s’en vont déjeuner au restaurant huppé de l’aéroport de Schiphol en Hollande, pays où vraisemblablement elles se trouvent d’après l’annotation au dos des photos prises dans des champs de fleurs auprès de paysans chaussés de sabots à bout pointu.

 

2/   Fin mars. Mathilde séjourne à Cannes, Hôtel du Parc. Le Régina manque de place. J’imagine le déménagement depuis Bruxelles avec un poupon de quelques mois, la nurse, le chauffeur, le landau, les biberons, le change… Et les sautes d’humeur de Mathilde empêtrée de cet enfant.

   Ont-elles beau temps ? Armando s’inquiète.

   A Piacenza où il pleut à torrents, c’est bien sa chance, il s’est mis à regarder les bébés dans les rues. Il a beau les observer, Annie est la plus belle. Va-t-elle le reconnaître ? L’appeler papa quand il la retrouvera ? C’est bien connu : le soleil développe la parole, croit-il.

   Il faudra tout de même songer rentrer à Bruxelles, risque mon grand-père qui glisse un chèque de 10 000 francs dans l’enveloppe pour régler la chambre encore un mois.

   La peau nue de maman contre la chair pomponnée de Mathilde. Ses cheveux fins rassemblés en virgule. Dans le repli fripé du cou, l’odeur de lait.

   D’une main experte, Mademoiselle a débarrassée Annie de ses langes pour l’installer avec délicatesse sur le tapis de fourrure.

   Maman est à ce stade où le nourrisson parvient enfin à soulever son torse quand il est à plat ventre. Dans l’effort, elle est si jolie, si potelée, si souriante, si gracieuse sur sa carpette de chinchilla.

 

3/   Résumé

   Mathilde a élevée seule sa fille, Annie, née hors mariage, affrontant avec le cran qui la caractérise la société huppée du Bruxelles de l’entre-deux-guerres. Mathilde est la grand-mère d’Isabelle Spaak, Annie, sa mère.

   L’auteur est partie sur les traces de ces deux femmes, fantasques, aux réputations controversées. Elle a commencé par exhumer lettres et photos pour écrire leur histoire. Au cours de son enquête menée au galop de fêtes en drames, entre réalité et fiction, elle reçoit un courrier du mémorial israélien Yad Vashem, qui concerne sa mère. D’un coup, tout bascule.

   « L’intelligence et la finesse de la démarche d’Isabelle Spaak n’ont d’égal que la subtilité et le doux tranchant de sa phrase. » Nathalie Crom. Télérama

   « Ce livre a l’allure folle d’un rapport de police écrit par un poète. » Astrid de Larminat. Le Figaro

 

Descriptif

Editions Le Livre de poche 34543 année 2017 ISBN 9782253069980, Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos légèrement marqués et passés, intérieur frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,3x17,8 cm, 224 pages



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