Éditions Rencontre

STEINBECK John – A l’est d’Eden Tome 1

Réf: re-erjsee1
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Description
Avis

Titre original « East of Eden »

Traduit de l’américain Par J.C. BONNARDOT

Extrait

1/   Lorsqu’un enfant, pour la première fois, voit les adultes tels qu’ils sont, lorsque pour la première fois l’idée pénètre dans sa tête que les adultes n’ont pas une intelligence divine, que leurs jugements ne sont pas toujours justes, leurs idées bonnes, leurs phrases correctes, son monde s’écroule et laisse place à un chaos terrifiant. Les idoles tombent et la sécurité n’est plus. Et, lorsqu’une idole tombe, ce n’est pas à moitié, elle s’écrase et se brise ou s’enfouit dans un lit de fumier. Il est difficile alors de la redresser, et, même réinstallée sur son socle, des taches ineffaçables dénoncent la chute passée. Et le monde de l’enfant n’est plus intact. Il se meut alors péniblement jusqu’à l’état d’homme.

   Adam comprit qui était son père. Ce ne fut pas l’homme qui découvrit un défaut de sa cuirasse, ce fut l’enfant qui se forgea de nouvelles armes. Comme tout animal bien constitué, il haïssait la discipline. C’était un mal inévitable, comme la rougeole, un mal que l’on ne pouvait refuser ni maudire, mais simplement haïr. Ce fut très rapide – un déclic dans le cerveau et Adam comprit. L’éducation n’était pas conçue en fonction des garçons, mais uniquement pour grandir Cyrus. Or Adam savait que son père n’était pas un grand homme. C’était, doué d’une grande volonté, un petit bonhomme avec un chapeau trop grand pour lui. Qu’est-ce qui déclenche le mécanisme dans le cerveau de l’enfant : un regard, un mensonge découvert, une hésitation ? Toujours est-il que l’idole s’écroule avec fracas.

 

2/   Charles recevait très peu de courrier. Il restait parfois plusieurs semaines sans aller à la poste. En février 1894, une épaisse lettre arriva de Washington, expédiée par une étude de notaire. Le postier pensa que c’était peut-être important et se dirigea vers la ferme des Trask, où il trouva Charles coupant du bois. Il lui tendit la lettre, et, puisqu’il s’était donné le mal de venir jusque-là, il attendit pour savoir quel était son contenu.

   Charles le laissa mijoter. Il lut lentement les cinq pages et les relut en marmonnant les mots qu’il lisait. Puis il replia la lettre et se dirigea vers sa maison.

   Le postier l’appela.

   - rien de cassé, Mr Trask ?

   - Mon père est mort, dit Charles.

   Il entra chez lui et referma sa porte.

   - Ça lui en a flanqué un coup, raconta le postier de retour dans la ville, un drôle de coup. C’est un type tranquille. Il ne parle pas beaucoup.

   Bien que le jour ne fût pas tombé, Charles alluma, étala la lettre le lettre sur la table et se lava les mains avant de s’asseoir pour la lire à nouveau.  

 

Descriptif

Editions Rencontre année 1954, Bon Etat général, couverture rigide, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion relié moyen format de 12,7x18,4 cm, 432 pages



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