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THOMAS Louis C. – Poison d’avril

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Extraits

1/   Quelques minutes passèrent dans un silence que rompaient seuls les coups de balai du patron, quelques minutes pendant lesquelles ni l’homme ni la femme toujours étendue sur la banquette ne prononcèrent un mot. Soudain, l’homme parut prendre une décision. Il se leva, s’approcha de M. Boule.

   « Je vais aller chercher un taxi, dit-il. J’en ai pour cinq minutes. »

   Sans attendre une réponse, il sortit. A minuit, il n’était pas de retour. A minuit trente, M. Boule, qui avait terminé son nettoyage, fut pris d’une inquiétude. Il s’approcha de la jeune femme qui n’avait pas bougé, semblant dormir. Il appela sans élever la voix :

   « Madame… Madame !... »

   Comme elle ne se réveillait pas, il lui toucha le bras, puis l’épaule, et la secoua doucement. La banquette était étroite. Le bras glissa, la tête suivit. Le corps inerte bascula tout entier et tomba sur le sol avec un bruit mou de chose morte.

   « J’ai alors compris qu’une catastrophe venait d’arriver, expliqua plus tard M. Boule. J’ai téléphoné à la police en leur disant d’amener un docteur. »

   La femme était bien morte. « Arrêt du cœur », diagnostiqua le médecin sans se compromettre. « Il faudrait savoir si elle souffrait de troubles cardiaques. »

   On ne trouva sur le cadavre aucune pièce d’identité.

   « Elle ne portait pas de sac à main, quand elle est entrée », dit M. Boule.

   Il était prêt à le jurer, comme il était prêt à jurer que l’homme avait appelé la femme Brigitte.

   L’homme, d’ailleurs, n’était toujours pas revenu !

 

2/   Le regard allumé, Guérin interrogea :

   « Alors, vous avez vu les nudistes, patron ? »

   En arrivant à l’hôtel Lyautey, Paron avait trouvé l’inspecteur qui suçotait sa pipe vide en lisant un magazine dans le hall.

   Le commissaire était ivre de grand air, et son nez avait pris une teinte cerise sous l’action prolongée du soleil.

   « Pas toujours beau à voir ! grommela-t-il en se laissant tomber dans le fauteuil voisin de celui qu’occupait son subordonné. Sicard est la ? »

   Le jeune homme pointa le tuyau de sa pipe en direction de la porte d’entrée par laquelle on apercevait le café de M. Boule.

   « Au bistrot d’en face », répondit-il.

   C’était ainsi : Sicard était toujours au bistrot d’en face. Pour une fois, il se trouvait là où sa présence était utile.

   « Et Arnaud, reprit le commissaire, tu l’as vu ?

   - Ce matin entre deux portes. Il était pressé et il m’a dit qu’on pouvait aussi bien s’adresser à Blachon qui en sait autant que lui sur l’affaire de l’île du Levant.

   - Il a voulu dire « pas plus que lui », rectifia le policier maigre avec humeur.

   Il déplia son grand corps décharné avec une certaine difficulté. Il était un peu courbatu et, comme le matin à Héliopolis, il avait soif. Il ne faisait pourtant pas très chaud à l’hôtel Lyautey, mais chaque fois qu’il passait sa langue sur ses lèvres, Paron y retrouvait le sel qui l’assoiffait davantage.

   « Allons rejoindre Sicard », dit-il.

   Solitaire et morose toujours, Sicard était attablé devant un verre, tripotant d’une main distraite les quatre ou cinq soucoupes qui s’empilaient sur le guéridon, griffonnant de l’autre sur le marbre à l’aide d’un bout de crayon.

   « Salut ! laissa-t-il tomber sans interrompre son griffonnage. Paraît que tu es allé faire une étude d’anatomie comparée à l’île du Levant ? »

 

Descriptif

Editions Hachette Le Point d’interrogation année 1957, état général correct, couverture souple, tranche et dos passés et marqués, pages jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 12x18,2 cm, 182 pages



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