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WODEHOUSE P.G. – L’oncle Galahad

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Description
Avis

Traduit de l’anglais par Claude ALENGRY

Titre original « Galahad at Blandings »

Extrait

1/   Privé de chaleur humaine, Tipton ne tarda pas à se sentir mélancolique et solitaire. Plutôt grégaire de nature, il était toujours mal à l’aise dès qu’il n’avait personne à qui parler. Durant ces derniers échanges de propos avec Wilfred Allsop, il avait noté la présence d’un policier qui allait et venait dans le couloir de l’autre côté des barreaux, et, bien que les policiers soient, en général, de piètre interlocuteurs – à cause de cette manie qu’ils ont de s’exprimer par monosyllabes, qu’ils lâchent en outre, le plus souvent sans même ouvrir la bouche, du moins, se dit-il, valait-il mieux un policier que rien du tout… Aussi, Tipton, pareil à quelque spécimen d’espèce rare dans la cage d’un zoo, vint-il glisser un regard curieux à travers les barreaux.

   - Hé, monsieur l’agent ! lança-t-il d’une voix étouffée.

   Le policier en question était un des policiers de style filiforme, qui dépasse en plusieurs endroits d’un uniforme trop court pour eux, et celui-ci avait, de surcroît, un visage osseux et des poignets noueux d’une teinte qui n’était pas sans évoquer la coloration délicate du géranium bleu… Quant à son cou, il faisait une bonne dizaine de centimètres de trop pour qu’il pût prétendre à une place d’honneur dans un concours de beauté masculine ! Cependant, sous ces dehors peu flatteurs, se cachait un cœur d’or – celui d’un homme capable d’indulgence envers les excès de la jeunesse. Si les truands, gangsters et autres malfrats, trouvaient en lui un ennemi juré, face à un délinquant du calibre de Tipton, il savait montrer un esprit ouvert… C’est pourquoi, au lieu de lui rétorquer, ainsi qu’il l’aurait sans doute fait pour tout autre membre de sa clientèle, un : « fermer ça, toi ! » plutôt cinglant, il s’approcha des barreaux de Tipton en lui lançant un : » Salut, jeune homme ! » qui ne manquait pas de cordialité, et tous deux se mirent à converse, tels Pyrane et Thisbé sous leur mûrier.

 

2/   Lady Hermione fronça un sourcil ! Elle trouvait les propos de son époux plutôt dépourvus de tact… C’est d’ailleurs souvent le cas avec tous ces militaires de carrière.

   - L’argent n’a rien à voir dans l’affaire, fit-elle. S’il ne s’agissait que de savoir Tipton moins riche que nous ne l’avions cru, je ne ferais aucune objection ! Mais Clarence a dit qu’il était en prison.

   - Je serais curieux de savoir pourquoi ils l’ont bouclé.

   - Pour vagabondage, j’imagine. Ou parce qu’il mendiait sur la voie publique. Peu importe. Ce qui compte, c’est que nous ne pouvons pas laisser Véronique épouser un homme qui a un casier judiciaire.

   - Tu vas écrire à Véro ?

   - Je vais la voir.

   - Oui. C’est sans doute le mieux.

   - Veux-tu appeler Beach et lui dire d’informer Voules qu’il me prépare la voiture le plus vite possible ? il faudra qu’il me conduise à Londres ce soir.

   - Peut-être arriveras-tu un peu tard !...

   - Trop tard pour la voir aujourd’hui, bien sûr ! mais je lui parlerai dès demain matin. Je lui dirai d’écrire tout de suite à Tipton et de rompre leurs fiançailles.

   - Crois-tu qu’elle le fera ?

   - Naturellement, elle le fera ! Je veillerai à ce qu’elle le fasse ! Véronique fait toujours ce que je lui dis de faire.

   - C’est vrai, fit le colonel Wedge – qui, sur ce point avait une forte ressemblance avec sa fille. D’un pas martial, il se dirigea vers le cordon de la sonnette et appela Beach

 

Descriptif

Editions 10/18 Domaine Etranger 2166 année 1991 ISBN 2264015977, Etat général Assez Bon, couverture souple, tranche et dos passés et un peu marqués, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11x18 cm, 320 pages



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