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ANOUILH Jean – Pièces grinçantes

Réf: f-trjapg
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Description
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Liste des pièces contenues dans l’ouvrage Ardèle ou la Marguerite La valse des toréadors Ornifle ou le courant d’air Pauvre Bitos ou le dîner des têtes 

Extrait de « La valse des toréadors » 

    La chambre du général attenante à la chambre de sa femme ; souvenirs exotiques, armes, tentures. La porte de communication est ouverte, le général écrit à sa table. Une voix glapit à côté.
   La voix de la Générale : Léon !
   Le Général : Oui !
   La voix : Qu’est-ce que tu fais ?
   Le Général : Je travaille.
   La voix : Tu mens ! Tu penses. Je t’entends penser. A quoi penses-tu ?
   Le Général : A toi.
   La voix : Tu mens. Tu penses que les femmes sont belles, qu’elles sont chaudes sous leur jupe et qu’on peut les toucher. La main sous leur jupe et  ne plus être seul au monde pendant une minute, tu me l’as dit une fois.
   Le Général : Je ne m’en souviens absolument pas. Dormez mon amie, vous serez fatiguée tout à l’heure.
   La voix : Je ne suis fatiguée, je ne suis malade, qu’à cause de toi ! A force de penser, de penser toujours à tout ce que tu es en train de faire.
   Le Général : Allons m’amie, vous exagérez comme toujours. Depuis que vous êtes malade et cela fait des années déjà, je n’ai pas quitté cette chambre, les fesses sur cette chaise et dictant mes Mémoires ou bien déambulant comme un ours en cage et sans jamais m’éloigner, vous le savez.
   La voix : Je ne suis malade qu’à force de penser à tout ce que tu es en train de faire dans ta tête pendant que tu fais semblant de me calmer. Sois franc, hypocrite. Ne me cache rien. Où étais-tu en ce moment dans ta tête ? Avec quelle femme ? Sur quel divan, dans une chambre que je ne verrai jamais – jamais quoi que je fasse (tu ne sera jamais assez honnête pour m’en faire la description) ou bien dans quelle cuisine troussant Dieu sait quel souillon qui lave par terre à quatre pattes. Tu es entré sur tes grosses pantoufles comme un gros chat, tu l’as prise par derrière ; tu lui mords la nuque, tu as tous ses cheveux dans la bouche et cela ne te dégoûte pas, toi qui fais une scène terrible quand tu en trouves un dans le potage !

Editions La Table Ronde année 1958, état général correct, couverture rigide avec signet, couverture tranche et dos passés, tranches des pages un peu salies, intérieur un peu passé, livre occasion relié format de 14x20,7 cm, 507 pages



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