Le livre de poche
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ARNAUD Georges – La plus grande pente

Réf: rf-ldp3440
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Description
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Extrait

1/   Le marasme avait duré quatre mois. Il nous en fallut encore deux, en réunissant nos ressources, Domingo et moi, pour sortir le camion du garage, en payant l’arriéré : on n’avait pas pu le laisser dormir dans la rue tout ce temps-là. Mais maintenant il y avait du travail ; plus que nous n’en pouvions fournir. Ce fut notre âge d’or. Je payai toutes mes dettes et le fossé commença de se creuser, comme prévu, entre Domingo et moi. Oh ! ce n’était pas tout à fait ma faute, c’était un peu la sienne. Quand je le payais nettement plus que le tarif syndical ne le portait, il avait une façon presque hargneuse de s’en étonner ; je compris trop tard que c’était une marque de timidité. Je dépensais trop. Alors, je mordais sur la part que je m’étais promis de lui garder ; mais j’inscrivais à mon débit ces dettes un peu imaginaires. Je suis content d’avoir gardé ce carnet ; il y a des jours où j’ai besoin de me rassurer, de me dire qu’entre Domingo et moi, le fric n’a pas eu le temps de rien abîmer.

   Au troisième mois de notre prospérité, Rosa était revenue de l’intérieur, et bien mal en point. En tant qu’homme lige du Diamond, son chauffeur et elle avaient dû patauger toute une nuit dans un mauvais rio, après avoir raté un gué. Des coquillages vivants dans la vase des rives avaient infesté l’eau de leurs parasites et ceux-ci, entrés par les pores de la peau, s’étaient frayé un chemin dans le corps de nos copains.

 

2/   Résumé

   De Caracas au port de La Guayra, il y a 223 virages pour quarante kilomètres de parcours. Tous les jours, deux cents camions descendent vers la mer chercher les marchandises indispensables à la vie du pays. L’entreprise n’est rentable qu’à raison de deux voyages quotidiens et Henri n’aurait pas tenu le coup sur son Fargo sans l’aide du péon noir Domingo.

   Rude existence que le débarquement d’une flotte de Fiat conduits par des fascistes italiens rend soudain encore plus précaire : les gros Fiat s’arrangent pour bloquer la route et la route barrée c’est la misère pour les autres camionneurs. La lutte à mort qui s’engage sur les rampes vertigineuses est le thème du récit qui donne son titre au recueil.

   Si La Plus grande pente est d’inspiration autobiographique, c’est bien encore Georges Arnaud qui nous parle des Tropiques sous l’ironique travesti du langage juridique dans Exploit d’un huissier qui constata les Amériques.

   Est-elle vécue ou inventée la blague de L’Ile de la Tortue du pirate Morgan ? Imaginaire les hâbleries que relatent Les enfances de Jimmy ? Portrait ou fiction, elles portent la marque du même humour noir, de la même sensibilité à vif qui dictent à l’auteur les déboires des Nuits d’un chef comptable et évoqué dans Une heure avec Andréas Aalborg – ou encore l’anticipation vengeresse et désabusée du Voyage-en-ville.

 

Descriptif

Editions Le Livre de poche 3440 année 1972 ISBN 2265010308, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x16,7 cm, 192 pages



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