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BRUSSOLO Serge – Soleil de soufre et autres nouvelles

Réf: sf-l291
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Description
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Dans ce recueil

- Soleil de soufre et La mouche et l’araignée – Nouvelles extraites de Vue en coupe d’une ville malade

- … Car ceci est de la chair et ceci est du sang – Nouvelle extraite de Mange-Monde

- Visite guidée – Nouvelle extraite de Aussi lourd que le vent

 

Extraits

1/   Extrait de Soleil de soufre

   La femme se tenait en retrait, accoudée à une cariatide, et sa main blême, bleuie, aux ongles cyanosés par un irrépressible froid intérieur, reposait très exactement entre les seins de la sculpture en un geste involontairement provocant. Une longue écharpe de soie grise ceignait son cou, se croisait en deux pans derrière la nuque, et retombait de chaque côté des clavicules jusqu’à terre, entourant son corps nu et glacé d’une parenthèse d’étoffe. Elle avait le ventre lourd et les seins mous. Des réseaux de veinules violettes parcouraient sa chair à fleur de peau, faisant monter à mon esprit l’image d’une porcelaine finement craquelée. Fragile. L’ombre noyait ses traits, tout juste ai-je pu entrevoir un profil épais et sans grâce, pâle et bouleversant, déjà son bras tendu m’offrait une coupe d’un quelconque liquide…

   J’ai bu. Sans un mot. Au moment de sortir, saisissant les doigts toujours offerts, j’ai courbé la nuque, posant ma bouche sur le dos de sa main juste au-dessus de la ligne bossuée des articulations. Elle n’a pas bronché et pourtant, à la seconde où retombait son poignet, j’ai vu très distinctement l’horrible brûlure laissée par mes lèvres sur sa peau lisse et froide, comme une double ligne boursoufflée de cloques sanguinolentes. Peut-être même, en tendant l’oreille, aurais-je pu percevoir à l’instant du baisemain le grésillement et l’odeur caractéristique de la chair brûlée…

 

2/   Extrait de La mouche et l’araignée

   Le conteur civique l’a expliqué… il s’agit d’une tour, sans pour autant jamais préciser à quel niveau se situe Gahl… peut-être est-ce à 627 étages au-dessus du sol… ou au-dessous ? Comment savoir ?

   Ici, les femmes fournissent une nourriture reçue de leur génitrice. Leur substance donne l’éternité à tous ceux que relie le cordon… Mais qu’une rupture se produise quelque part dans la chaîne, et c’est la mort pour tous ceux qui ne sont plus en contact avec la racine… la mort transmise de chambre en chambre, de lits e couloirs, jusqu’au dernier maillon, qui se racornira à son tour…

   Oui, ici l’immortalité coule de cordon ombilical en cordon ombilical comme une sève pulsée de femme en femme… Où prend-elle sa source, où se trouve le cordon primitif, la bouche initiale, le ventre premier, qui l’absorbe, la mâche, l’avale ?

   Où se trouve la racine de cette éternité qui dort sur des lits fatigués, le long des couloirs carrelés de blanc sale… ?

   Où se trouve la racine de cet empilement d’étages ?

 

3/   Résumé

   Mondes étranges… ici, une ville posée sur un immense enchevêtrement de fagots, au centre d’une plaine désertique… Les fontaines y déversent de l’alcool. Les hommes, enduits de phosphore, traînent leurs maigres silhouettes entre des bûchers placés au coin des rues, engourdis par une sensation de froid qui les ronge de l’intérieur. La vielle est prête à s’embraser…

   Là, des bébés immortels, nourris par d’interminables cordons ombilicaux, végètent dans le dédale de couloirs d’une tour sans fin. Posés devant des portes anonymes. Jusqu’au jour où l’un d’eux se procure une lame de rasoir…

   Terrifiantes visions prophétiques… Chroniques d’un désastre annoncé. Quatre nouvelles d’un maître de la SF et du fantastique.

 

Descriptif

Editions Librio 291 année 1999 ISBN 2277302910, Assez bon état général, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et un peu marqués, pages moyennement jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché moyen format de 13,3x20,7 cm, 96 pages



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