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MIANO Léonora – Ces âmes chagrines

Réf: rf-plmac
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Description
Avis

Extrait

1/   Depuis plusieurs jours, le ciel déversait des trombes d’eau, interminablement. La terre, sans cesse remuée, fouillée par ce fracas torrentiel, se muait en une boue argileuse qui ne sécherait pas véritablement avant la fin de la grande saison des pluies. Pour se déplacer, les vieilles femmes des environs se chaussaient et s’enturbannaient de sachets en plastique. La plupart des gens marchaient dans la gadoue et, une fois parvenus sur la voie mal goudronnée qui se fissurait çà et là, ils se rinçaient les pieds sous le jet d’une borne fontaine ou dans l’eau saumâtre des rigoles, avant de les fourrer dans leurs chaussures usées, de vaquer à leur existence. Les enfants riaient à gorge déployée, leur joie emplissant l’espace, comme des billes de cristal luisant dans l’obscurité. C’étaient les grandes vacances. Des jours entiers à jouer sous la pluie, en dépit des cris perçants de leurs mères qui commandaient de se mettre à l’abri. Ils avaient raison de ne pas s’en soucier. Il n’y avait nulle part de refuge. L’orage s’infiltrait dans les maisons en planches ou en tôles, construites sans titre ni droit, simplement parce qu’il fallait un toit. Les gens se posaient où ils pouvaient, convaincus que la terre l’appartenait qu’à Dieu. Et puisqu’ils ne mettaient pas massivement un terme à leurs jours, puisqu’ils faisaient des enfants dans la vase, le gouvernement estimait que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. On pouvait continuer à n’avoir pas de politique du logement, à placer les deniers du peuple sur des comptes numérotés, cachés dans des paradis fiscaux, très loin de là. C’était cela, l’Indépendance, depuis un demi-siècle : la fuite des capitaux.

 

2/   Maxime, lui, ne voyait plus la malpropreté, ni les cheveux que l’absence de soins avait asséchés, ni les ongles noirs qui agrippaient encore le goulot de la bouteille en plastique vert. Il voyait comme au jour de son départ. Jeune, jolie. Il n’avait aucun reproche à lui adresser. Elle se les était tous faits. Aucune faute à lui pardonner. Thamar ne se pardonnait pas à elle-même. Son existence n’était qu’une longue autoflagellation. Il eut envie de la serrer contre lui, de rire. Ils étaient vivants. Ils étaient ensemble. Ils allaient pouvoir s’aimer, peut-être encore mieux qu’ils ne l’auraient fait par le passé. Maxime prit dans ses mains la paume grise qu’elle tenait appuyée sur le haut de sa jambe malade, ferma les yeux. Il sentait encore suffisamment de force en lui pour l’aimer. Elle lui avait tellement manqué, cette maman que tous prenaient pour sa sœur aînée, tant elle était jeune à sa naissance. Lorsqu’elle avait disparu de sa vie, il avait quatre ans à peine, mais il se l’était rappelée à sa manière, son absence lui avait pesé. Bien sûr, il n’en avait jamais parlé. Personne ne disait rien d’elle, en dehors des ragots colportés par les mégères d’Asumwé. On ne se plaignait pas, chez Modi. Ce n’était pas le genre de la maison. La grand-mère avait eu raison de proscrire les lamentations. La vie était souveraine. La vie remportait toujours la victoire.

 

3/   Résumé

   Né dans l’Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n’arrive pas à surmonter la rancœur qu’il nourrit envers sa mère, coupable de ne l’avoir pas assez aimé. Elle l’a laissé en pension alors qu’il n’avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s’est jamais senti à sa place. Par ailleurs il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d’affection que lui.

   Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l’ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.

   Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s’effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même.

 

Descriptif

Editions Plon année 2011 ISBN 9782259212878, Etat général Moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement passés et marqués, intérieur assez frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché grand format de 13,2x20,2 cm, 286 pages



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