Folio

MODIANO Patrick – L’horizon

Réf: rf-f5327
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Extrait

1/   Le premier soir où Bosmans était venu la chercher à la sortie des bureaux, elle lui avait fait un signe du bras, dans le flot de ceux qui passaient sous le porche. Elle était accompagnée par les autres, Mérovée, le brun à tête de bouledogue et le blond aux lunettes teintées. Elle les avait présentés en les appelant : » mes collègues. »

   Mérovée leur avait proposé de prendre un verre, un peu plus loin, au Firmament, et Bosmans avait été frappé par sa voix métallique. Margaret le Goz avait lancé un regard furtif à Bosmans avant de se tourner vers Mérovée. Elle lui avait dit :

   « Je ne peux pas rester longtemps… Je dois rentrer plus tôt que d’habitude.

   - Ah oui, vraiment ?

   Et Mérovée la dévisageait d’une manière insolente. Il s’était planté devant Bosmans et avait éclaté de son rire d’insecte.

   - J’ai l’impression que vous voulez nous enlever Mlle le Coz ?

   Bosmans avait répondu d’un air pensif :

   - Ah oui… vous croyez ? »

   Dans le café, il s’était assis à côté, et tous deux faisaient face aux trois autres. Le brun à tête de bouledogue paraissait de mauvaise humeur. Il se pencha vers Margaret le Coz et lui dit :

   « Vous aurez bientôt fini la traduction du rapport ?

   - Demain soir, monsieur.

   Elle l’appelait monsieur parce qu’il était beaucoup plus âgé qu’eux tous. Oui, environ trente-cinq ans.

   « On n’est pas là pour parler travail », dit Mérovée en fixant le brun à tête de bouledogue, l’air d’un enfant mal élevé qui s’attend à recevoir une gifle.

 

2/   Il était venu dans l’appartement du professeur Ferne quelques vendredi soir, le seul jour de la semaine où le professeur et sa femme sortaient jusqu’à minuit et où Margaret gardait les deux enfants. Elle les accompagnait en début d’après-midi, la fille au collège Sévigné, le garçon au lycée Montaigne. Elle restait dîner avec eux. Elle était libre après le dîner, et Bosmans l’attendait dans l’avenue de l’Observatoire.

   Un soir, elle l’avait rejoint devant les grilles du square et lui avait dit qu’elle devait encore garder les enfants. Les Ferne étaient retenus chez un confrère et ne seraient pas rentrés après le dîner. Elle lui avait proposé de monter avec elle dans l’appartement, mais il avait hésité. Ne pensait-elle pas que sa présence choquerait le professeur et sa femme à leur retour et risquait d’inquiéter les enfants ? Il n’était pas du tout familier de ce genre de personnes et leurs professions l’intimidaient : lui, Georges Ferne, professeur de droit constitutionnel dans une école des très hautes études, et elle, maître Suzanne Ferne, avocate à la cour de Paris, comme l’indiquaient leurs papiers à lettres que Margaret lui avait montré.

 

Descriptif

Editions Folio 5327 année 2011 ISBN 9782070443376, Bon Etat général, couverture souple, tranche et dos légèrement passés et marqués, intérieur frais, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11x18 cm, 176 pages



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