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ZELAZNY Roger – Les cours du chaos

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Description
Avis

Titre original « The courts of chaos » Roger ZELAZNY, 1978.

Traduit de l’américain par Jeanne-Marie GAILLARD-PAQUET

Extrait

1/   Je franchis la crète du Kolvir et mis pied à terre en arrivant à mon tombeau. J’entrai et ouvris le coffret. Il était vide. Bon. Je commençais à me poser des questions. Je m’étais à moitié attendu à me voir gisant devant moi, preuve que malgré les indications et les intuitions, je me serais d’une façon ou d’une autre aventuré dans une ombre défavorable.

   Je ressortis et frottai les naseaux de Star. Le soleil brillait, mais la brise était froide. J’éprouvai un soudain désir d’aller vers la mer. Toutefois, je m’assis sur le banc en tripotant ma pipe.

   Nous avions causé. Assise en tailleur sur le divan brun. Dara, toujours souriante, m’avait de nouveau raconté l’histoire de sa descendance de Benedict et de Lintra, la servante d’enfer, de sa croissance autour et à l’intérieur des Cours du Chaos, un royaume terriblement non euclidien où le temps même posait de singuliers problèmes de répartitions.

   « Ce que vous m’avez raconté quand nous nous sommes rencontrés n’était que mensonges, dis-je. Pourquoi vous croirais-je à présent ? »

   Elle avait souri en contemplant ses ongles.

   « A l’époque, il fallait que je vous mente, expliqua-t-elle, pour obtenir ce que je voulais de vous.

   - C’est-à-dire… ?

   - La connaissance… de la famille de la Marelle, des Atouts, d’Ambre. Pour gagner votre confiance. Pour avoir un enfant de vous.

   - La vérité n’aurait-elle pas aussi bien abouti ?

   - Certainement pas. Je viens de l’ennemi. Et mes raisons de désirer tout cela n’auraient pas été de celles que vous auriez approuvées.

   - Votre escrime… ? Je me souviens que vous m’avez dit que c’était Benedict qui vous avait instruite en cet art. »

   Son sourire revint et de sombres feux traversèrent son regard.

  « Je l’ai appris du grand duc Borel en personne, un haut seigneur du Chaos.

   - … et votre apparence, fis-je. Elle s’est modifiée une quantité de fois quand je vous ai vue franchir la Marelle. Comment ? Mais aussi, pourquoi ?

   - Tous ceux dont l’origine touche au Chaos sont capables de changer de forme », répondit-elle.

 

2/   Si père avait le don de jouer avec la substance d’Ombre au sommet du Kolvir, je n’en avais jamais été capable. Il me fallait être plus loin d’Ambre pour procéder aux déplacements.

   Pourtant, sachant que c’était possible, je crus devoir essayer. C’est pourquoi, tout en faisant route au sud sur la roche nue et par les défilés caillouteux où hurlait le vent, je m’efforçais de déformer le tissu ou l’être qui m’entourait, en gagnant la piste menant à Garnath.

   … un petit bouquet de fleurs bleues alors que je contournais un épaulement rocheux arrondi.

   Cela me ranima, car elles étaient une modeste part de mes œuvres. Je continuai à tenter d’imposer ma volonté au monde qui devait apparaître après chacun des lacets de mon chemin.

   L’ombre d’une pierre triangulaire en travers du sentier… Une saute de vent…

   Quelques-uns des charmes mineurs opéraient vraiment… Un retour en arrière de la piste… Une crevasse… Un vieux nid d’oiseau, haut perché sur un entablement… Encore les fleurs bleues…

   Pourquoi pas ? Un arbre… Un autre…

   Je sentais que le pouvoir s’agitait en moi. J’effectuai d’autres changements.

   Une pensée me vint alors au sujet de cette force nouvellement découverte. Il paraissait possible que ce fussent des raisons purement psychologiques qui m’avaient antérieurement empêché de procéder à de telles manipulations. Jusque très récemment, j’avais considéré Ambre même comme l’unique et immuable réalité dans laquelle toutes les ombres puisaient leur forme. Maintenant, je me rendais compte qu’elle n’était que la première parmi les ombres, et que l’endroit où se tenait mon père représentait la réalité la plus élevée. En conséquence, si la proximité rendait difficile de procéder à des changements, elle ne le rendait toutefois pas impossible. Pourtant, en d’autres circonstances, j’aurais économisé mes forces jusqu’au point où il serait devenu plus facile de faire mouvoir les choses.

 

Descriptif

Editions Denoël Présence du futur 465 année 1993 ISBN 2207304655, Bon état général, couverture souple, tranche et dos un peu marqués, pages jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11x18 cm, 194 pages



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