Fleuve Noir

CAROFF André – Candidats à la mort

Réf: esp-fne724
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Description
Avis

Extraits

1/   Tout allait être fait à la demande de William C. Westmoreland, commandant en chef de l’armée américaine au Viêt-Nam, appelé à conduire la guerre la plus longue et la plus coûteuse (3 milliards de dollars par mois en 1967) de l’histoire des Etats-Unis.

   Derrière le 17e parallèle, les rouges possédaient des rampes de lancement pour fusées Sam. C’était ces emplacements, pratiquement indétectables pour les avions de reconnaissance, que Anna Fey devrait découvrir ! Apparemment, la tâche était écrasante pour une femme de quarante ans, n’ayant qu’une formation toute fraîche, mais cette femme n’avait pas peur de la mort et, de surcroit, était native du pays dont elle parlait fort bien la langue et les dialectes.

   En outre, Anna Fey était officiellement décédée. Celle qui serait parachutée en terre ennemie serait vêtue en paysanne, porterait des papiers en règne, et pourrait vraisemblablement circuler à son aise. Le danger serait particulièrement aigu lorsqu’elle utiliserait son poste émetteur afin de transmettre les renseignements aux forces US, mais il serait toujours présent, nuit et jour, et il faudrait des nerfs d’acier pour ne pas plonger dans la panique.

   - Votre avion part dans vingt-cinq minutes, fit Walcott en consultant sa montre. Vous n’avez rien de spécial à me demander ?

   Anna Fey regarda la piste d’envol que le soleil couchant enflammait.

   - Non, je n’ai rien à vous demander. Vous savez que je n’ai plus de famille, pas d’amis…

   - Oh ! Et moi ?

   Anna Fey le dévisagea froidement.

   - Vous n’êtes pas mon ami, colonel, pas plus que vous n’êtes celui des autres agents que vous envoyez calmement à la mort. Je garderai néanmoins un bon souvenir de vous, car vous m’aidez à réaliser l’un de mes plus chers désirs. Je sais que vous agissez par intérêt, mais cela me touche quand même. Merci.

   Walcott décida de la boucler. Il y avait des choses qu’il ne pouvait dire à personne. Le capitaine Hims arriva avec les billets. Il devait accompagner Anna jusqu’au bout, serait même présent quand elle sauterait en parachute. C’était peut-être pour cela qu’il accusait une légère nervosité.

   - Et vous, dit méchamment Walcott, vous ne me chargez pas d’une commission au cas où votre avion serait descendu au-dessus du Nord Viêt-Nam ?

   Hims haussa les épaules.

   - Une commission à qui, mon colonel ? Les gens du Service sont seuls au monde, vous le savez bien… Madame Fey, je suis à votre disposition.

 

2/   Horizon rouge, mer flamboyante. Des rafales hurlantes qui soulevaient des nuages de sable, et pliaient les palmiers comme des baleines de parapluie.

   L’avion tangua, se posa, se souleva, retomba définitivement en craquant, roula vers la piste de dégagement. Bonder déboucla sa ceinture, rafla sa valise, regarda s’approcher la jeep frappée du sigle SAC. Malgré la chaleur, elle était bâchée, décrivait de courtes embardées, disparaissaient parfois entièrement dans les tourbillons de sable que le vent décollait des plages…

   - Par ici, sir.

   Bonder dévala l’échelle, sauta dans la jeep une dont portière était ouverte, posa sa valise.

   - Lieutenant-colonel Gold, commandant la base de Guam…

   Bonder lui serra la main. Il sentait des grains de sable craquer sous ses dents, rouler entre chair et chemise.

   - Charmant pays. Tornade ?

   - Cette nuit ou demain, dit Gold, à moins qu’elle ne passe au large.

   La jeep démarra, fila en tremblant le long de la piste bétonnée. La bâche claquait. Des coups de fusil…

   - Bon voyage ?

   - Bon, certifia Bonder. Rien de neuf ?

   Gold serra les dents et sa nuque rasée eut soudain l’apparence et la consistance d’un bloc de fonte. Il était à 7500 bornes du Viêt-Nam et ce type en civil lui demandait des nouvelles d’une femme qu’il n’avait qu’entrevue ! Il l’aurait bien envoyé au diable, mais ce type était mandaté par un tas d’organismes officiels : CIA, Département d’Etat, etc.

   - Je voulais parler de la situation militaire, fit doucement Bonder.

   Gold eut un petit soupir, essuya d’un revers de manche la sueur qui ruisselait sur son front. La chaleur était terrifiante et la tornade imminente lui donnait une épaisseur, la matérialisait. Une espèce de lave en fusion.

 

Descriptif

Editions Fleuve Noir Espionnage 724 année 1969, état général moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11,3x17,7 cm, 256 pages



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