Vaugirard/Gérard de Villiers/Vauvenargues
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MURRAY William – Les jeux sont faits…

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Description
Avis

Titre original « When the fat mas sings » William Murray, 1987.

Traduit de l’américain par Jean ESCH

Extrait 1

   Le gros type avait attiré du monde autour de sa table, mais ce n’était pas parce qu’il gagnait. En fait, on aurait dit que les dés l’encombraient. Quand ils roulaient jusqu’à lui, il les ramassait comme s’ils étaient brûlants, puis les reposait juste devant lui. Il avançait des jetons de cinquante et cent dollars, il reprenait les dés, les agitait maladroitement entre ses mains avant de les lancer sur la piste comme une vieille femme jetant des miettes de pain à des canards. La technique n’était pas payante. Il sortait immanquablement les mauvais chiffres. Lorsque je commençai à m’intéresser à lui, il avait déjà dû perdre plusieurs milliers de dollars.

   Je m’étais glissé parmi la foule, me frayant peu à peu un chemin jusqu’au premier rang. Malgré son incapacité à réussir une seule passe et le manque d’intérêt de la partie, les gens ne semblaient pas décidés à lever le camp. Très peu cependant étaient là pour jouer, la plupart voulaient simplement voir une célébrité, mais j’ignorais de qui il s’agissait, et à vrai dire je m’en fichais. J’avais une heure à tuer avant de reprendre mon boulot au Hilton et je me sentais en forme. Je regardai le gros type perdre encore quelques centaines de dollars et j’attendis que les dés viennent jusqu’à moi.

   - Porco guida ! rugit le gros type. Quelqu’un m’a jeté le mauvais œil !

   Un vieux cowboy debout à côté de moi remonta son jean et abaissa son Stetson sur ses yeux.

   - Jamais vu un truc pareil ! cracha-t-il. Non seulement il lance les dés comme un pied mais en plus il sait même pas parler.

   - La partie est tombée, hasardais-je.

   - ouais. Ça marchait au poil avant que ce cinglé pointe son gros cul. Dès qu’il est arrivé, cette putain de table s’est gelée. Ce connard fait n’importe quoi.

   Je regardai le gros type placer des jetons de cinquante dollars au hasard sur le tapis vert.

   - J’imagine qu’il ne gagne pas sa vie en jouant.

   Le vieux cowboy me dévisagea avec étonnement.

   - Heureusement, ce serait un squelette depuis le temps.

   Le chef poussa les dés vers moi.

   - Vous désirez jouer, monsieur ?

   - Je suis venu pour ça, répondis-je.

   - Hé, monsieur, me lança le gros type, comment ça va ?

   - Bien.

   - Vous pensez que vous êtes en veine ?

   - Je ne suis pas venu pour perdre, répondis-je laconiquement.

   - Attendez un instant.

   Le gros type fit claquer ses doigts. Le croupier jeta un coup d’œil derrière lui et croisa le regard du caissier. Il se retourna avec un grand sourire et poussa une nouvelle pile de jetons en direction du gros type.

 

Extrait 2

   Jay Fox était dans son élément. Je le trouvai assis dans le salon des courses du Caesar’s Palace devant un immense comptoir face à une série d’écrans de télés en couleur qui indiquaient les cotes des chevaux et montraient le déroulement des courses. Entouré de ses programmes et de grands carnets noirs, il compulsait tranquillement le Racing Form, alors qu’autour de lui c’était la panique. La plupart des autres clients couraient d’un guichet à l’autre comme des insectes à la recherche de miettes. Des haut-parleurs diffusaient des informations sur les courses se déroulant à travers le pays. Jay demeurait imperturbable, une île au milieu d’un océan furieux d’avidité.

   Je m’assis à ses côtés.

   - Quoi de neuf ?

   - Un moment, Shifty, dit-il en levant la tête vers un écran pour vérifier la cote d’un cheval qu’il avait repéré sur une de ses fiches de performances. Je crois que j’en ai trouvé un.

   Il referma son carnet, jeta un dernier coup d’œil à son journal, puis se leva tel le phénix pour se diriger vers un guichet.

   - Alors ? m’enquis-je quand il revint.

   - J’ai mis deux billets sur ce bolide à New York. Histoire d’occuper le terrain.

   La course, une épreuve de mille deux cents mètres réservée aux trois ans, débuta quelques secondes plus tard. Nous la suivîmes sur les écrans. Le cheval choisi par Jay exécuta exactement la course prévue. Il jaillit des stalles comme une fusée ; après quatre cents mètres de course, il possédait déjà deux longueurs d’avance ; dans le dernier tournant, il en avait quatre. Il faiblit un peu sur la fin mais remporta la course avec une longueur et demie d’avance. Il rapporta cinq dollars soixante gagnant, ce qui n’était pas extraordinaire, mais Jay semblait satisfait.

   - C’était un coup d’échauffement, dit-il. Je m’en tiendrai là pour ce matin. Ce qui nous intéresse, Shifty, c’est ce qui va se passer cet après-midi sur les champs de courses de Californie. La journée va être longue.

   - Tu as le temps d’aller boire un verre ?

   - Bien sûr.

   Nous sortîmes dans le hall de l’hôtel où les membres d’une convention quelconque faisaient la queue à la réception au milieu du vacarme métallique des machines à sous. Nous nous assîmes à une table près du bar et commandâmes deux coca.

   - Alors, comment ça s’est passé hier ? demanda Jay.

   Je lui racontai.

   - Ce type pense que je suis son porte-bonheur.

   - Il a peut-être raison, Shifty.

   - Je l’empêche juste de balancer son fric comme un connard. Il m’appelle son « magicien ».

 

Descriptif

Editions Gérard de Villiers Polars USA 19 année 1989 ISBN 2738600549, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages moyennement salies, livre d’occasion broché format poche de 11x18 cm, 256 pages



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