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RENDELL Ruth – Etrange créature

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Description
Avis

Titre original « A sleeping life »

Traduction nouvelle de Pascal AUBIN

Extraits

1/   Wexford s’écarta du corps, pendant que le médecin revenait et s’agenouillait au même endroit. Il dit à Loring :

   - Pas trace de l’arme, je suppose ?

   - Non, monsieur, mais nous n’avons pas encore vraiment cherché.

   - Alors mettez-vous à chercher, vous, Gates et Marwood. Un genre de couteau.

   Il y a apeu de chances pour qu’il soit là, pensa-t-il avec pessimisme.

   - Et quand vous ne l’aurez pas trouvé, ajouta-t-il, vous pourrez faire du porte à porte dans Forest Road. Obtenez tout ce que vous pourrez sur elle et ses mouvements, mais laissez-nous Parker et les Villas Carlyle, à moi et à Mr Burden.

   Il revint au Dr Crocker.

   - Depuis combien de temps est-elle morte, Len ?

   - bon, pour l’amour du ciel, ne t’attends pas à trop de précision à ce stade. La raideur s’est complètement établie, mais le temps est très chaud, elle sera donc survenue plus rapidement. Je dirais au moins dix-huit heures. Peut-être plus.

   - O.K.

   Wexford fit à Burden un rapide signe de tête.

   - Nous n’avons plus rien à faire ici, Mike. Les Villas Carlyle et Parker sont notre prochaine étape, je pense.

   Michael Burden était d’un rang nettement trop élevé pour accompagner un inspecteur-chef dans des visites d’enquête. Il le faisait parce que c’était leur façon de travailler, et que ça fonctionnait de cette façon. Ils avaient toujours procédé ainsi, et le feraient toujours malgré les marmonnements désapprobateurs du chef de la police.

   Les deux hommes étaient grands. Presque vingt ans les séparaient, et ils avaient été jadis si dissemblables qu’ils incarnaient, à eux deux, cette juxtaposition d’incongruités qui est l’essence de l’humour. Mais Wexford avait perdu son abondante graisse et était presque devenu maigre, tandis que Burden avait toujours été mince. C’était lui qui avait, et de loin, le physique le plus agréable, avec ses traits classiques qui auraient été beaux s’ils avaient été moins tirés par une amère expérience. Wexford était un homme laid, mais c’était son visage à lui qui retenait l’attention, qui arrêtait même les regards des femmes, parce ce qu’il avait en lui tant d’intelligence mobile et d’appétit de vivre, tant de vigueur, et, malgré son âge plus avancé, tellement plus de ce qui constitue l’essence de la jeunesse.

 

2/   - Vous n’avez pas beaucoup de chance, dit Baker devant un nouveau thé. Je vais vous dire ce que je vais faire. Je vais envoyer quelqu’un consulter l’annuaire des rues de Kenbourne pour vous. S’il la connaissait vraiment, il se peut qu’elle ait habité à deux pas de chez lui.

   - Pas en tant que Rhoda Comfrey. Mais c’est très gentil à vous, Michael.

   Stevens l’attendait, mais ils n’étaient pas allés loin sur la rue principale de Kenbourne quand Wexford remarqua une grande bibliothèque municipale d’aspect récent sur le côté opposé. Il se dit qu’elle devait fermer à 6 heures, et il était moins le quart. Il dit à Stevens de le déposer et de garer la voiture du mieux qu’il pourrait dans cette jungle de bus, de camion-citerne et de doubles lignes jaunes, puis il sortit et traversa imprudemment la rue d’une manière très peu policière.

   Sur le parvis se tenait la statue en bronze d’un gentleman du milieu du XIXE siècle vêtu d’un frac. « Edward Edwards », disait la plaque à ses pieds, cela et rien de plus, comme si le nom devait être aussi familier que la Reine Victoria ou William Ewart Gladstone. Le nom ne disait rien à Wexford et il n’avait pas le temps de se poser des questions à son sujet.

   Il pénétra dans la bibliothèque, qui avait un grand rayon consacré à la fiction, et le trouva à la lettre W, côtoyant Rebbecca et Morris. Trois des romans de Grenville West étaient là, Tuée par la tendresse, La Courtisane vénitienne, Bon vent vers Alicante, et chacun était marqué sur la tranche d’un H comme Historique. C’était le premier titre qui lui plaisait le plus ; il prit le livre sur l’étagère et parcourut le laïus de l’éditeur sur le revers intérieur de la jaquette.

   « Une fois encore », lut-il, « Mr West nous étonne par la virtuosité avec laquelle il reprend l’intrigue et les personnages d’un drame élisabéthain et les habille de sa prose riche et subtile. Cette fois-ci, c’est Dam Nan Frankford, de Une femme tuée par la tendresse de Thomas Heywood, qui tient le devant de la scène. Tout d’abord épouse aimante et fidèle, elle est séduite par l’ami en qui son mari a mis toute sa confiance, et ce sont ses remords et l’étrange générosité de Frankford qui contribuent à l’originalité de ce livre captivant. Mr West suit fidèlement l’intrigue de Heywood, mais nous montre ce que Heywood n’avait aucun besoin de décrire à ses contemporains, la peinture vivante de la vie domestique de l’Angleterre de la fin du XVIe siècle avec ses passions, sa cruauté, ses conventions et ses coutumes. Un autre monde se déploie devant nous et nous nous rendons rapidement compte que nous sommes guidés à travers ses salles, ses jardins compliqués et sa campagne pastorale intacte par un maître du genre. »

 

Descriptif

Editions Librairie des Champs-Elysées Le Masque 1589 année 2001 ISBN 2702409806, état général moyen, couverture souple, tranche et dos moyennement marqués et passés, intérieur passé, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x17,8 cm, 256 pages



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