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GUIEU Jimmy – Convulsions solaires

Réf: sf-sfjg6
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Description
Avis

Extrait 1

   Le professeur Cutter se retourna dans son lit, puis il ouvrit à demi les yeux. Un nouveau coup, frappé à la porte de sa chambre, le fit se mettre sur un coude. Tiré de son sommeil, il se frotta les paupières, enfila sa robe de chambre et alla ouvrir.

   Sa fille et son collaborateur se tenaient sur le pas de la porte.

   - Désolé de vous avoir réveillé, professeur.

   L’astronome fit un geste signifiant que la chose n’offrait aucune importance. Intrigué néanmoins par cette visite nocturne, il passa dans le living, cependant que sa fille, en s’éclipsant, signalait :

   - Je vais préparer du café.

   - Du café ? tiqua le professeur. Nous n’allons pas travailler, que je sache ?

   - Non, mais veiller très certainement, précisa Burke en s’asseyant dans un fauteuil. Savez-vous, professeur, que le vent du sud a soufflé du matin au soir et qu’à cette heure – il est vingt-trois heures passées – il n’a rien perdu de sa violence ?

   Le savant coula vers lui un regard d’incompréhension.

   - Oui ? Et c’est pour me donner ce communiqué de la météo que vous m’avez tiré du lit ?

   - Mais réfléchissez donc une minute, professeur. Le Wupatki National Park dévoré par les flammes est à cinquante kilomètres au nord-est de Flagstaff. Or, le vent souffle depuis ce matin du sud vers le nord. Comment, dans ces conditions, les fumées et cendres de l’incendie auraient-elles pu venir polluer l’atmosphère ici, au sud-ouest du sinistre ?

   L’astronome agrippa les accoudoirs de son fauteuil et se pencha en avant avec vivacité :

   - Nom d’un chien ! C’est plus qu’évident ! Balayé par le vent, notre ciel devrait être parfaitement dégagé, les fumées de l’incendie étant repoussées vers le nord !

   Ils se levèrent d’un commun accord pour aller se camper devant la baie vitrée. Malgré la nuit, le ciel présentait une coloration bistrée du plus étrange effet. Dépouillée de nuage, la voûte céleste n’offrait point l’aspect habituel, velouté et piqueté d’astres scintillants. Tout au plus, çà et là, pouvait-on distinguer une étoile de première grandeur dont l’éclat coutumier était remplacé par un terne rougeoiement entouré d’un halo diffus.

   - C’est à peine croyable, Burke ! Le nuage cosmique a gagné notre système solaire et, maintenant, la Terre s’y trouve noyée ! Par un singulier concours de circonstances, nous avons trop hâtivement cru que cet assombrissement de l’atmosphère était dû à l’incendie du Wupatki Nation Park.

 

Extrait 2

   Le soleil s’élevait progressivement dans le jour bistre qui baignait la ville. Mais ce soleil différait sensiblement de l’habituel astre du jour. Son disque, paré naguère de l’éclat de l’or en fusion, prenait l’aspect d’une inquiétante roue de feu. Emergeant peu à peu au-dessus des toits, le globe paraissait à la fois plus brillant – en dépit de l’obscurcissement de l’atmosphère – mais aussi plus rouge. A son équateur, et ce malgré l’aveuglante luminosité, on distinguait des plages sombres.

   Un halo flamboyant le nimbait d’une auréole elliptique, éblouissante sur les bords et allant en un dégradé où dominaient le rose et l’orangé.

   Les radioreporters commencèrent succinctement le phénomène dont ils étaient les témoins et l’un d’eux, se faisant l’interprète de ses collègues, approcha le micro en demandant à l’astronome :

   - Voulez-vous, Mr Burke, expliquer à nos téléspectateurs les raisons de ce phénomène solaire assez inusité ?

   Les cameramen de la télévision réglèrent leurs zooms de manière à cadrer en gros plan l’image du savant qui prenait la parole :

   - Le nuage de matière interstellaire envahit progressivement notre système planétaire. Après avoir enrobé notre planète, il vient d’englober le Soleil. Subissant la prodigieuse force d’attraction de cet astre, la poussière cosmique se précipite vers lui et « tombe » - en quelque sorte – de plus en plus drue sur sa surface incandescente : la photosphère. La vitesse de chute de cette poussière augmente donc et la « pluie » de ces particules qui en résulte frappe la photosphère à une vitesse voisine de un million six cent mille kilomètres à l’heure.

   « Nous assistons à la première résultante de ce phénomène : cette pluie de poussière interstellaire, dont la densité est nettement supérieure à celle des nuages cosmiques habituels provoque un accroissement de la chaleur solaire. Les réactions atomiques régissant la matière gazeuse du soleil vont aller en s’intensifiant. Conséquence prévisible : la température moyenne sur notre planète va s’élever. Jusqu’où  montera le thermomètre ? Le temps seul nous le dira. Mais ce que je puis avancer formellement, c’est que si l’augmentation de température du Soleil n’est point considérable, nous assisterons paradoxalement à la longue à une baisse notable de la température sur notre globe. Après avoir souffert de la chaleur, nous souffrirons du froid, bien que le Soleil doive dispenser une chaleur supérieure à la normale.

 

Descriptif

Editions Plon SF Jimmy Guieu 6 année 1980 ISBN 2259005810, état général passable, couverture souple, tranche et dos moyennement marqués, la couverture se décolle un peu de la tranche, intérieur assez frais, livre d’occasion broché format poche de 12x17,8 cm, 224 pages



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