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COLGAN Jenny – Le mariage d’Amanda

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Description
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Titre original « Amanda’s Wedding » Jenny Colgan, 1999

Traduit de l’anglais par Nathalie Vernay

Extrait 1

   Le lundi, je retournai au travail en traînant les pieds, le moral à zéro. De toute façon, j’avais toujours le moral à zéro au travail, alors mes collègues ne virent pas la différence. Ce qui n’aurait d’ailleurs été possible que si j’avais eu l’habitude de discuter avec eux et je ne le faisais jamais. Ce fut une semaine normale, en somme.

   J’avais un bureau gris et miteux avec une plante crevée et des piles de cochonneries dans tous les sens, où j’étais censé faire de la correction. C’était un boulot merdique qui ne me menait nulle part, mais qui demandait peu de cervelle et payait mieux que le McDonald’s, alors je m’y étais résignée. Devant mon bureau, les secrétaires avaient tendance à me tourner autour en reniflant d’un air méfiant. Comme mon travail consistait seulement à lire et le leur à taper sur un clavier en plus de répondre au téléphone, ma présence ne les enchantait pas ; j’avais même l’impression de les entendre affûter leurs ongles à chaque fois que je passais devant elles. La plupart du temps, elles m’ignoraient, mais là elles eurent du mal car je passai trois jours debout à regarder le Viaduc d’Holdborn à travers ma petite fenêtre crasseuse condamnée, une carte postale à la main et l’air douloureusement nostalgique.

   - Qu’est-ce qui se passe ?

   Reine secrétaire, Shirley approchait de la quarantaine, avait les cheveux de deux couleurs et du répondant. Comme Fran, écœurée, avait renoncé à me remonter le moral et qu’Amanda aurait dit « Oh, darling, tu vas reprendre ?... Mais tu sais bien que les garçons éduqués à Charterhouse sont réputés pour ça… », j’avais besoin de me confier à quelqu’un.

   - Eh bien… heu… C’est mon petit ami. Enfin, mon ex. Hum… Il est parti en Amérique sans me prévenir il y a un an, maintenant il revient et je ne sais pas quoi faire.

   - Des enfants ?

   - Mon Dieu, non.

   J’étais surprise par la question : j’avais l’impression de faire très middle-class et j’étais fâchée qu’elle me croie assez vieille pour avoir des enfants.

   - Il a de l’argent ?

   - Je…eh bien, non, pas tellement.

   - Dis-lui d’aller se faire foutre, alors. Facile, non ? A qui ça sert de rester avec un mec qui t’a traitée comme ça ?

   C’était tout à fait sensé.

   - C’est ce que vous feriez ? demandai-je.

   - A chaque fois que Stan fait une connerie, c’est comme ça que je réagis. Il sait bien qu’il m’aime, tu comprends. Alors il revient toujours en rampant. Et je lui fais payer, crois-moi.

 

Extrait 2

   Nous étions assis dans un bar, après avoir passé six heures avec Amanda à essayer de choisir un putain de diadème parce que sa mère était à la clinique du Priory, un centre de désintoxication si prestigieux qu’Amanda avait tenté de nous faire croire que c’était un honneur absolu de s’y retrouver, et parce que ses demoiselles d’honneur étaient toutes à La Barbade ou je ne sais où. Non seulement j’avais été obligée d’émettre des sons admiratifs à l’intention d’Amanda tandis qu’elle essayait quatre mille diadèmes identiques ornés de filigranes, qui coûtaient plus que je ne gagnais en trois mois, mais en plus il fallait que j’empêche Fran de céder à la tentation de se servir toute seule dans le magasin car l’ennui avait eu raison d’elle.

   - Alors, Amanda, quand est-ce que tu fais ton enterrement de vie de jeune fille ? demanda Fran.

   Contrairement à son habitude, Amanda ne se mit pas à parler aussitôt. Au lieu de cela, elle rougit.

   - Hum… Je ne suis pas sûre de… vous voyez, rien de spécial, quoi.

   - Mais tu as dit que tu voulais faire les choses en grand ! m’écriai-je, sans qu’elle saisisse les implications de ma remarque. Tu ne peux pas te marier sans enterrer ta vie de jeune fille !

   - Heu… oui, je sais… dit-elle d’une toute petite voix. En fait, heu… je fais quelque chose, mais juste avec quelques amies de l’université.

   J’étais véritablement choquée.

   - Quoi ?! s’exclama Fran. Quand ça ? Pourquoi tu ne nous as pas invitées, espèce de garce ?

   - Heu… c’est dans deux semaines. Ecoutez, je suis désolée, je ne voulais pas vous faire de la peine. (C’est ça ouais.) Je suis désolée. Mais vous savez, je ne vous ai pas invitée parce que j’avais peur que vous vous saouliez et que vous semiez la pagaille. Il vous arrive toujours quelque chose, à vous deux. Ce n’est pas vrai, mes chéries ? (Elle poussa un petit rire.) Fraser et moi, eh bien, avec notre situation actuelle, nous avons certains amis et de toute façon nous irons chez Quagli, c’est vraiment très cher, et puis ensuite nous irons chez Yanna, et, disons qu’il n’y aura que mes proches amies, quoi. Vous comprenez, n’est-ce pas ?

   - Tes proches amies ! rétorqua Fran d’un air furieux. Amanda, tu es venue pleurer dans nos bras quand tu as eu deux fois tes règles en trois jours à l’école primaire ! Et quand Vincent McGuire a dit que tu l’avais embrassé sur la bouche, que tout le monde l’a cru et qu’on les a tous convaincus que ce n’était pas vrai, alors que tu l’avais bel et bien embrassé !

 

Descriptif

Editions France Loisirs collection Piment année 2001 ISBN 2744144479, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu passés et marqués, intérieur assez frais, livre d’occasion broché format poche de 11,3x18,2 cm, 400 pages   



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