Le livre de poche
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LINARES Luisa Maria – Chaque jour a son secret

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Description
Avis

Traduit de l’espagnol par Marie-Berthe Lacombe

Extrait 1

   « Nous sommes arrivés », annonça Xavier.

   La voiture, après un virage pénétra par l’ouverture d’une palissade sur un chemin mal pavé. Elle monta une petite côte, tourna à gauche et, finalement stoppa devant un bâtiment dont on distinguait mal les contours dans l’obscurité.

   Olga perçut un bruit insolite et agaçant.

   Anxieuse, elle demanda :

   « Qu’est-ce que c’est ?

   - C’est la rivière. Elle est haute en ce moment et il y a un barrage tout près d’ici. La maison est sur les bords du Tage. »

   Xavier prit la valise d’Olga et ils marchèrent dans l’obscurité, l’un derrière l’autre. La porte de la maison ouvrait sur une petite terrasse inondée de flaques d’eau.

   « Par ici… »

   Avant que Xavier ait eu le temps de tourner le bouton de la porte, elle s’ouvrit soudain et Olga vit un vestibule mal éclairé, des meubles recouverts de housses blanches. Ils avaient l’air de fantômes qui attendaient qu’une main habile fit un geste pour les désensorceler.

   « Entre donc, Olga. Voici Fina, une prolongation de la famille Lezcano. Comme vous le voyez, Fina, Mme Olga a fini par arriver sans trop de difficultés. »

   Olga tendit la main à la femme qui ne la retint qu’un petit instant. Elle ne portait ni tablier blanc ni aucun autre attribut qu’ont d’ordinaire les servantes, et produisait plutôt l’impression d’une duègne accueillant ses invités. Avec emphase, nullement cordiale, elle proféra :

   « Je me réjouis de vous voir. Je regrette que vous ayez eu un si mauvais temps pour voyager. J’ai fait du feu dans la salle à manger et dans votre chambre, et j’ai préparé le diner. Voulez-vous que je vous indique votre chambre ? »

   On aurait pu croire qu’Olga rentrait à la maison après une charmante villégiature ; l’accueil aurait été exactement pareil. Tout ce qui arrivait depuis le moment de sa descente d’avion, à l’aérodrome de Barajas, lui paraissait irréel. Elle fit de son mieux pour s’adapter aux circonstances et, laissant Xavier garer la voiture, elle suivit Fina. Elles montèrent un large escalier à rampe de bois sculpté. Les tableaux accrochés au mur étaient recouverts de gaze, pour les protéger de la poussière et de l’humidité. Plusieurs portes s’ouvraient sur la galerie du premier étage, qu’elles traversèrent en silence. Fina se contenta de donner à la nouvelle venue quelques brèves explications :

   « En l’absence de ces messieurs, tout est fermé… »

   Olga frissonna. L’humidité de cette maison commençait à la glacer. 

 

Extrait 2

   Evidemment, il n’était pas logique qu’André soit resté fidèle à la mémoire d’une femme, qui n’était son épouse que de nom, puisque le mariage, entre eux, n’avait pas été consommé.

   « Je suis veuve », se dit-elle. Elle répéta ce mot jusqu’à ce qu’il eût perdu tout sens, toute signification… Veuve…

   Qu’est-ce que cela veut dire ?... Une femme officiellement sans mari…

   C’était sa belle-mère, imposante, majestueuse assise au pied du lit. Elle avait sa robe de satin noir et au cou une chaîne d’où pendaient quelques breloques en or.

   « Te sens-tu mieux ? »

   - Je suis navrée… d’avoir été si ridicule », s’excusa la petite d’une voix faible.

   Sa belle-mère lui recommanda de ne pas parler :

   « Tu as besoin de repos. Il va sans dire que tu restes ici, avec nous. Demain, nous en reparlerons.

   - Non, protesta Olga. Je préfère en parler tout de suite. Je ne pourrais jamais attendre jusqu’à demain. »

   Elle s’assit dans son lit et s’aperçut qu’elle était vêtue d’une élégante chemise de nuit en voile de soie mauve. Elle devait coûter très cher. Mais… comme elle était transparente ! Olga tira le drap sur elle.

   « Nous avons cru bien faire en te déshabillant et en te mettant au lit, dit sa belle-mère en guise d’excuse. Après ta syncope, tu t’es endormie si profondément que nous avons pensé qu’il te fallait du repos. Tu as dormi plusieurs heures. Il est presque sept heures du soir.

   - Je voudrais… je voudrais… que vous me racontiez comment… »

   La dame soupira douloureusement.

   « Elena va tout te raconter. Je n’ai pas le cœur bien solide, ma fille.

   - Mais elle…

   - Elle aussi désire te parler. Il vaut mieux mettre les choses au point sans délai. Mais ne t’agite donc pas… Calme-toi et repose-toi. Fina va te monter un plateau, pour que tu manges un peu. »

   Fina ? Elle frémit.

   Mais en somme, elle n’avait plus rien à craindre. Du moins savait-elle positivement qu’elle était dans la maison Lezcano et que Xavier était réellement son beau-frère. Et que Fina était…

   « Au fait, qui est Fina ? pensa-t-elle tout haut.

 

Descriptif

Editions Le Livre de poche 3315 de 1972, état général assez bon, couverture souple et dos un peu marqués et passé, pages jaunies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x16,7 cm, 320 pages   



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