Le livre de poche

ROCHEFORT Christiane – Encore heureux qu’on va vers l’été

Réf: rf-ldp4897
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Description
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Extrait

1/   - C’était peut-être la dernière, dit Grâce. On dirait que ça devient un peu espacé. Ça fait un moment que je n’ai pas vu un saule pleurer dans un jardinet.

   - Quand même ça fait vachement baisser notre moyenne tous ces tours, je crois pas qu’on fera nos quarante kilomètres aujourd’hui.

   - On n’est pas parties de très bonne heure non plus. Si on veut faire du chemin, il faut prendre la route tôt le matin.

   - C’était un peu improvisé ce voyage il faut dire. Complète impréparation. Pas le moindre bout de viande séchée ni d’amandes.

   - Ni de couvertures, quelle imprévoyance.

   - Cabi nous racontait que les Américains ils se font des voyages à pied sur des milliers de miles, avec un petit sac de rien du tout. Eux ils se préparent des semaines à l’avance, en bouffant de moins en moins tous les jours.

   - Qu’est-ce que je foutais pendant l’anglais, je me demande, pour un coup que j’aurais pu apprendre quelque chose d’utile.

   - Cabi quand j’y repense, elle était vachement encourageante, sans avoir l’air…

   - Je prends la ferme résolution de bouffer un peu moins tous les jours, dit Grâce.

 

2/   Résumé

   Parce que la maîtresse de français, débutante, de cette Cinquième D de banlieue, leur rappelé pour la troisième fois qu’ils étaient des échecs, tous les enfants de la classe se lèvent, sortent de l’école et s’en vont dans la campagne. Trois d’entre eux, Régina, Grâce et Jean-Marie, ne sont pas retrouvés.

   Ils n’ont pas décidé de s’enfuir. Ils se promènent. Tu te rends compte qui si on continue par là, on n’est pas près d’arriver à la maison ? dit Grâce – Je n’y peux rien, c’est mes pieds, dit Régina.

   L’incident n’est pas local. Partout des enfants manquent à l’appel. On parle d’abord d’un ravisseur, dont des amis d’Anaïs ont donné un signalement ; il a l’air d’un businessman. Mais il faut se rendre à l’évidence : c’est une épidémie. L’école buissonnière généralisée. Les enfants fuient de partout, l’école est une passoire. On en retrouvera bientôt dans ses chaussures, dit la fermière qui donne un bout de pain à l’enfant de chœur Manuel, en rupture d’orphelinat. Les journaux titrent : « Une hémorragie d’enfants ! »

   Une fois parti comme par distraction, en rêvant, écoutant le chant d’un oiseau libre, on ne peut plus revenir, même il vaut mieux ne pas se retourner vers l’ancien monde. Ils sont les enfants de Lot d’aujourd’hui. D’ailleurs, Régina a vu un Ange, dans la cour de l’école, qui lui ordonnait de vivre. C’est le jeune pion Mann, qui donnera sa démission et prendra la route, avec l’espoir fou de la retrouver.

   « Seuls les cancres ont désertés », constate le Responsable de la Préparation à la Vie. Ces enfants pas doués, laissés pour compte de la sélection scolaire, une fois autonomes découvrent leur intelligence et qu’ils sont doués au moins pour une chose : vivre.

 

Descriptif

Editions Le Livre de poche 4897 année 1977 ISBN 2253015741, état général assez bon, couverture souple, tranche et dos un peu marqués et passés, pages jaunies, tranches des pages un peu salies, livre d’occasion broché format poche de 11,2x16,7 cm, 224 pages



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